L'Observatoire Euro-Méditerranéen pour Droits de l'Homme

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Un an après la mise en œuvre de l'accord UE-Turquie: À la recherche de la sécurité, les réfugiés ne trouvent que la peur

publié le : 2017-03-28
Communiqués de Presse   \   Les droits des réfugiés et des migrants
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Un an après la mise en œuvre de l'accord UE-Turquie: À la recherche de la sécurité, les réfugiés ne trouvent que la peur

Genève - Un an après la mise en œuvre de l'accord controversé entre l'UE et la Turquie visant à réduire la migration vers l'Europe, l'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l'Homme met en garde contre les terribles conséquences humanitaires de cet accord. Selon Euro-Med ce qui a été décrit à Bruxelles comme un modèle réussi, est plutôt une réponse honteuse qui met l'accent sur la dissuasion tout en violant les obligations internationales en matière de droits de l'homme.

   L'accord a incité les migrants à utiliser des itinéraires de contrebande encore plus dangereux pour atteindre l'Europe pour échapper à l'enfer des centres de détention grecs ou d'être renvoyé de force en Turquie   

 

Alors que le nombre total des réfugiés a considérablement diminué, passant de 856 723 en 2015 à 173 450 en 2016, l'accord a incité les migrants à utiliser des itinéraires de contrebande encore plus dangereux pour atteindre l'Europe pour échapper à l'enfer des centres de détention grecs ou d'être renvoyés de force en Turquie.

Au 31 janvier 2017, 865 personnes sur 3 millions ont été accueillis en Turquie, 3 500 ont été réinstallés en Europe et seulement 10 000 ont été transférés de la Grèce vers d'autres pays de l'Union. En outre, il existe d'importantes différences dans la période d'attente pour demander l'asile, alors que les Syriens sont généralement enregistrés en quelques jours, les réfugiés  d'autres pays, tel que l'Afghanistan et l'Irak, attendent depuis des mois, sans espoir.

Depuis la mise en œuvre de l'accord, environ 62 000 personnes vivent dans des camps grecs, au moment où 14 000 vivent dans les îles, bien que les conditions de vie étaient méprisables depuis le début, mais après le 18 mars 2016, ces conditions ont atteint des niveaux inacceptables, manquant de conditions de vie adéquates qui assurent une vie digne. Les camps sont sévèrement surpeuplés, comme le prouvent les 3 500 réfugiés installés à Lesbos, 1 830 à Samos et 1 633 à Kos, contenant des installations qui accueillent de 850 à 1000 personnes au maximum.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a révélé un niveau croissant de la dépression, l'automutilation et les tendances suicidaires de ceux emprisonnés dans les «hotspots» grecs, et l'a également marqué comme l'une des conséquences les plus alarmantes de cet accord.

En conséquence, il y a eu une augmentation de 2,5% des symptômes d'anxiété et de dépression, ainsi qu'une augmentation de 3% des cas de syndrome de stress post-traumatique (SSPT).

Euro-Med appelle l'Union européenne à réviser l'accord à la lumière des terribles violations des droits de l'homme sur lequel cet accord a été construit, soulignant qu'il ne peut pas être considéré comme un élément suffisant pour maintenir un système qui, au lieu de protéger les réfugiés , il crée d'autres obstacles à leur intégration sécuritaire et légale dans les sociétés européennes.