Genève- Les exécutions extrajudiciaires israéliennes de civils palestiniens accusés de tentative d'attaque d'Israéliens sont systématiquement pratiquées; même lorsque les Palestiniens ne constituaient pas de menace réelle pour les soldats israéliens, ils ont été visés par des balles, entraînant parfois la mort, rapporte l'observatoire Euro-méditerranéen des droits de l'Homme.

   Magen David Adom a été explicite dans sa discrimination contre les Palestiniens blessés   

Ramy Abdu, président de l'observatoire Euro-Med

Abdul Fattah Al-Sharif, 21 ans, et Ramzi Qasrawi, 21 ans, ont été exécutés le 24 Mars à proximité d'un poste de contrôle militaire dans le quartier Tal Al-Ramida au centre d'Hébron. Les soldats israéliens ont tiré 10 balles sur eux avant de laisser les hommes saigner au sol. Comme Al-Sharif n'est pas mort rapidement, l'un des soldats s'est approché de lui et l'a abattu à bout portant. Les responsables israéliens ont annoncé plus tard que les deux Palestiniens avaient tenté de poignarder un soldat israélien.

Le personnel de Magen David Adom (MDA), une agence israélienne affiliée à la Croix-Rouge, chargée en vertu de la Convention de Genève de fournir une aide médicale d'urgence à toutes les parties blessées dans un conflit, n'a prodigué des soins qu'au soldat blessé dans la tentative de coup de couteau. Trente minutes après l'incident, les soldats israéliens ont couvert les deux Palestiniens avec une couverture noire et les ont déplacés vers un lieu inconnu.

 « MDA a été explicite dans sa discrimination contre les Palestiniens blessés», rapporte Docteur Ramy Abdu, président de l'observatoire Euro-Med. « Cette discrimination est interdite et illégale en vertu de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, en particulier l'article 5, qui oblige les Etats signataires à honorer le droit à d'accéder à des soins médicaux indépendamment de la race, la couleur ou l'origine nationale ou ethnique ».

 Israël a tué plus de 209 Palestiniens depuis Octobre 2015, dans la plupart des cas, en violation du droit international, en particulier de l'article 27 de la quatrième Convention de Genève, qui veut que «les personnes doivent en tout temps être traitées avec humanité et doivent être protégées, en particulier contre tout acte de violence ou d'intimidation et contre les insultes ».

 

   Le fait de ne pas tenir pour responsables les soldats accusés d'exécutions extrajudiciaires donne le feu vert à plus d'actes de la sorte    

Ihsan Adel, conseiller juridique de l'observatoire Euro-Med

«Les violations israéliennes des droits de l'Homme et du droit international se sont intensifiées dans leur gravité et se sont multipliées au cours des derniers mois», explique Abdu. «Les exécutions extrajudiciaires sont les plus importantes autour de points de contrôle et à l'intérieur et à l'extérieur de Jérusalem et des villes de Cisjordanie. Soixante et un Palestiniens ont été exécutés depuis Octobre 2015, lorsque la violence a commencé à se répandre dans les rues palestiniennes."

L'observatoire Euro-Med a fait du lobbying auprès du rapporteur spécial de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires dans les territoires palestiniens pour visiter les lieux où les exécutions ont eu lieu. L'organisation appelle la direction militaire israélienne à mettre un terme à l'impunité des auteurs de violation des droits de l'Homme et à lancer des enquêtes sur toutes les exécutions extrajudiciaires.

« Le fait de ne pas tenir pour responsables les soldats accusés d'exécutions extrajudiciaires donne le feu vert à plus d'actes de la sorte » explique Ihsan Adel, le conseiller juridique de l'observatoire Euro-Med. « Quand ces exécutions ne font pas l'objet d'enquêtes et que des conséquences sérieuses n'en découlent pas, le sang palestinien devient plus facile à faire couler ».