Genève - Le conflit syrien en cours, qui entame sa sixième année,a causé la pire crise humanitaire de réfugiés dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale. Parallèlement, l'afflux de réfugiés syriens en Europe teste sévèrement la force de la capacité du continent à fournir une protection et à faire respecter les droits de l'Homme pour tous.

   Pendant cinq années consécutives, la Suède s’est montrée généreuse envers les réfugiés syriens. Cependant, cette position de leader a chuté avec la législation qui limite le nombre de réfugiés pouvant obtenir un permis de séjour permanent   

 

L'un des meilleurs modèles de gestion de la crise des réfugiés a été la Suède. Pendant cinq années consécutives, la Suède s’est montrée généreuse envers les réfugiés syriens. Cependant, cette position de leader a chuté avec la législation qui devrait entrer en vigueur le 20 Juillet qui limite le nombre de réfugiés pouvant obtenir un permis de séjour permanent. Les nouveaux règlements devaient entrer en vigueur le 16 Avril, cependant de nouvelles modifications ont eu lieu à cette époque. Celles-ci comprennent le prolongement du permis de séjour d'un an à 13 mois, de sorte que les personnes qui sont admissibles à ce type de protection peuvent encore être couverts par les prestations d'assurance sociale fournies par le pays pour les résidents de plus d'un an. En outre, les nouveaux ajustements ont soulevé la possibilité d'accorder à des enfants- dans certains cas exceptionnels- des permis de séjour permanents au lieu de permis de séjours temporaires.

Pour mettre en évidence les avantages de l'approche suédoise, tout en soulevant une mise en garde au sujet des changements récents, l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'Homme publie un nouveau rapport. Intitulé «Sous la loupe: la Suède et la crise des réfugiés syriens », il examine les avantages et les inconvénients de la réponse suédoise comme un possible modèle continental. Il explore également les développements récents et les préoccupations qui menacent de compromettre la réputation de la Suède pour son humanité. Le rapport propose des améliorations recommandées dans le système suédois et des conseils pour d'autres pays qui cherchent à l'imiter, tout en évitant les pièges.

À ce jour, la Suède a accepté environ 132 585 réfugiés en provenance de Syrie - dont environ 25 893 Palestiniens. C’est le nombre le plus élevé après l'Allemagne et la Serbie. En dépit de leur traitement relativement exemplaire en Suède, la période d'attente avant qu’une décision d'asile soit faite peut être longue. À ce jour, seulement la moitié des demandes présentées à l'Agence de l’immigration suédoise a été traitée. En outre, le rapport prédit que les attentes deviendront encore plus longues, depuis que l'Agence de l’immigration suédoise a annoncé que les demandes d'asile présentées à l'automne 2015 ne seront probablement pas traitées avant 2017. L’Observatoire Euro-Med décrit l'impact désastreux de longues attentes sur les demandeurs d'asile, en particulier sur les enfants et ceux qui attendent une réunification avec leurs familles.

   À ce jour, la Suède a accepté environ 132 585 réfugiés en provenance de Syrie - dont environ 25 893 Palestiniens.     

 

Les autres sujets de préoccupation abordés dans le rapport sont le règlement de Dublin, qui exige que les réfugiés retournent dans le premier pays européen dans lequel ils sont entrés; le processus de regroupement familial lourd et long, qui peut nécessiter une année avant qu’une entrevue initiale soit accordée; et le nombre croissant des dommages causés aux logements de réfugiés par des protestataires xénophobes. Quarante-trois incidents d’incendie criminel visant des logements de réfugiés ont été documentés par la police depuis Juillet 2015. En revanche, la Suède est reconnue pour des dispositions généralement justes concernant les soins de santé, le soutien financier, l'éducation et le droit au travail.

Cependant, comme d'autres pays européens, la Suède n'a rien fait pour aider les réfugiés syriens à atteindre le pays en toute sécurité

L’Observatoire Euro-Med demande à la Suède et à tous les autres pays européens d’assurer la sécurité des itinéraires de voyage, de protéger les personnes fuyant les conflits contre les trafiquants d'êtres humains.

Le rapport, qui devrait être examiné par les organes de l'Union européenne, conclut que, malgré certains domaines problématiques nécessitant des améliorations, la réponse suédoise à la crise humanitaire syrienne devrait être imitée, au moins en partie, par d'autres pays européens.

 

Cliquez ici pour lire le rapport en anglais