Genève - Trois préoccupations liées à l'augmentation de la discrimination à l'égard de personnes de certaines nationalités et religions, ainsi qu’envers la liberté d'expression, ont été livrées cette semaine par l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l'Homme au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies lors de sa 33e session.

   Il semble plus probable que le gouvernement d'Israël a l'intention de discriminer le récit d'un peuple qui est sous sa botte d'occupation   

Adel Othman, représentant de l’Observatoire Euro-Med

 

La première préoccupation est centrée sur le récent accord entre Facebook et les autorités israéliennes pour travailler ensemble à déterminer comment contrôler ce qu'ils considèrent comme une «incitation». Le représentant de l’Observatoire Euro-Med a demandé quelle était la position du conseil sur la pertinence des accords entre des gouvernements et des entreprises de média puissantes pour contrôler la liberté d'expression - en particulier lorsque les plates-formes en question servent comme unique véhicule aux citoyens journalistes pour s’exprimer.

 « Il semble plus probable que le gouvernement d'Israël a l'intention de discriminer le récit d'un peuple qui est sous sa botte d'occupation », a souligné Adel Othman, représentant de l’Observatoire Euro-Med. « Depuis que la collaboration a été annoncée, Israël a emprisonné un certain nombre de Palestiniens, y compris des journalistes, alléguant une « incitation » aux nouvelles ou aux opinions qu'ils ont affichées sur Facebook. Une question à laquelle le conseil doit répondre est qu’est-ce qui peut être fait pour empêcher la collaboration entre entités aux pouvoirs massifs pour priver les individus de l’«arme» qu'ils ont - leur voix ? »

La deuxième préoccupation soulevée par l’Observatoire Euro-Med est liée aux récentes déclarations faites par les représentants des Etats membres de l'UE préconisant que les réfugiés de religions et de nationalités particulières soient traités différemment des autres.

Par exemple, la Hongrie met en place un bureau gouvernemental spécial pour aider les chrétiens qui font face à la persécution, en même temps que le premier ministre Viktor Orban a désigné les migrants musulmans comme étant un «poison» qui menace la sécurité et la culture de l'Europe.

Enfin, Euro-Med a déploré les commentaires du ministre des Affaires étrangères du Liban, Gebran Bassil, qui a exprimé son soutien à l’interdiction des femmes libanaises qui se marient à des Syriens ou à des Palestiniens de transmettre leur nationalité à leurs enfants. L’Observatoire Euro-Med a noté que cette politique est une discrimination envers les personnes de nationalité palestinienne et syrienne ainsi qu'une atteinte à l'égalité des sexes.

   Chassés de leur terre natale pour le Liban il y a 68 ans, les réfugiés palestiniens sont encore privés de droits fondamentaux   

« Chassés de leur terre natale pour le Liban il y a 68 ans, les réfugiés palestiniens sont encore privés de droits fondamentaux », a déclaré Othman au conseil. «Il est temps de mettre fin à cette discrimination, de sauver les Palestiniens de l'oubli auquel nous les avons tous les condamnés et de travailler avec le Liban à restaurer leur dignité fondamentale. »