Genève - L’évacuation forcée par l'Autorité palestinienne de parlementaires indépendants organisant un sit-in au bureau du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Ramallah dimanche soir est une violation flagrante des droits de l'Homme de ses propres citoyens, déclare l’Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l'Homme.

 

   Il est triste que les forces de sécurité palestiniennes officielles s’introduisent dans le bâtiment d'une organisation internationale, violant les lois et conventions internationales, en même temps que l'Autorité palestinienne cherche à s'associer à des organisations de défense des droits de l'Homme et à des accords visant à renforcer sa position mondiale et la mobilisation contre l'occupation israélienne    

 

Trois législateurs s’étaient réfugiés au CICR après que le président de l'AP, Mahmoud Abbas, avait suspendu leur immunité parlementaire pour porter plainte contre eux, ainsi que contre deux autres députés, pour des suspicions de détournement de fonds, contrebande d'armes, diffamation et «insultes». Cependant, ils affirment au contraire qu'Abbas exerce des représailles contre eux pour leur alliance avec Mohammad Dahlan, qui a été évincé du Fatah par Abbas en 2010. Après avoir empêché l’approvisionnement de nourriture ou d'eau aux députés-ainsi que les visites de journalistes-pendant le sit-in, la police de l'Autorité palestinienne est entrée au CICR tandis que les membres armés de la Garde présidentielle attendaient à l'extérieur, et leur a ordonné de sortir.

"Il est triste et inconcevable que les forces de sécurité palestiniennes officielles s’introduisent dans le bâtiment d'une organisation internationale, violant les lois et conventions internationales, en même temps que l'Autorité palestinienne cherche à s'associer à des organisations de défense des droits de l'Homme et à des accords visant à renforcer sa position mondiale et la mobilisation contre l'occupation israélienne ", a noté Sandra Owen, responsable du Département des politiques du Moyen-Orient d'Euro-Med.

L'action de l'Autorité palestinienne était en contradiction directe avec le système exécutif palestinien et son engagement pour les normes relatives aux droits de l'Homme, conformément aux accords internationaux desquels il est devenu signataire au cours des deux dernières années. La décision unilatérale du président Abbas de dépouiller les députés de leur immunité viole également le principe de la séparation des pouvoirs.

"L'AP doit se conformer à ses propres règles et au droit international", explique Owen.