Genève - La décision prise par un ensemble de pays, notamment l'Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et le Royaume du Bahreïn visant à couper les ponts avec le Qatar, exerce une puissante influence sur la population civile dans les pays mentionnés, aussi bien que sur le Qatar. Ce qui conduit à la dispersion des centaines de familles et frappe de plein fouet la plupart des droits du travail, de l'éducation, de propriété et le droit à la liberté d'expression de nombreux Qataris résidant dans ces trois pays, ainsi que les citoyens des trois pays résidants au Qatar.

Le fait que l'Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn donnent un court préavis aux Qataris de quitter leurs territoires et le fait de forcer leurs citoyens résidants au Qatar de retourner dans leur pays sous la menace de sanction, est considéré comme un abus aux droits des milliers de citoyens des pays mentionnés, Notant que plusieurs entretiens ont été effectué avec des dizaines de bloqués touchés sur-le-champ par ces décisions montrant le grand impact de ces dernières sur leurs droits fondamentaux.

   6,474 familles se dissiperont en raison que l'un des parents porte la nationalité qatarie et l'autre celle de l'un des trois États du Golfe   

La dispersion des familles

Suite à cette décision, 6474 familles se dissiperont en raison que l'un des parents porte la nationalité qatarie et l'autre celle de l'un des trois États du Golfe, ce qui donne le droit de rester dans le pays pour l'une des parties toute en forçant l'autre de le quitter et sans aucune justification de cet acte les enfants se retrouvent en dispersion de leurs familles.

En vertu des lois de la nationalité dans les pays concernés et qui n'acceptent généralement pas la double nationalité, les femmes ne peuvent pas transmettre leur nationalité à leurs enfants, ce qui veut dire que l'un des parents sera forcé de quitter sa famille.

"Les autorités des Émirats arabes unis m'ont demandé de quitter le pays dans 14 jours, et je ne sais pas si je dois quitter mon mari ou plutôt de rester dans les Émirats arabes unis de façon illégale." Révèle une femme qatarie mariée à un citoyen des Emirats Arabes Unis.

Une citoyenne Qatari, âgé de 29 ans, mariée à un citoyen bahreïni et vivant ensemble au Qatar a déclaré qu'ils affrontent des problèmes d'enregistrement des naissances pour leur nouveau-né  au Bahreïn, à cause de la nécessité de l'accréditation de quelques documents  à l'ambassade du Qatar au Bahreïn fermée après la décision de boycotter le Qatar et qui incite les citoyens du Bahreïn à quitter le pays.

Quant à Mohammed Jaber, citoyen saoudien résidant avec sa famille au Qatar, lui n'a pas pu enterrer le cadavre de son père saoudien, mort à l'hôpital général Hamad au Qatar il y a trois jours, dans les territoires de l'Arabie saoudite en conséquence de la fermeture des frontières.

Le citoyen bahreïni âgé de 27 ans, venu à Doha avec son fils pour rendre visite à sa vieille mère qatarie, incapable de vivre seule, avait l'intention de l'emmener avec lui au Bahreïn. Cependant la décision du Royaume du Bahreïn interdisant les Qataris d'entrer sur son territoire, l'empêche de faire venir sa femme au Qatar et d'apporter sa mère au Bahreïn.

Parlant de sa souffrance, un citoyen saoudien de 47 ans, lui a dit en pleurant : "Je vis avec ma femme Qatarie et mes trois filles à Doha, cette décision m'oblige à quitter ma femme et revenir en Arabie saoudite." il s'interroge:" N'ont-ils pas pensé à nous avant de prendre cette décision ? n'ont-ils pas pensé aux liens familiaux entre les pays du Golf unis ?"

 

Destruction des droits du travail et restriction du droit de propriété

La décision affecte directement les droits du travail des milliers d'employés et leurs familles. 1954 employés et travailleurs dans le secteur public et privé au Qatar, portant la nationalité saoudienne, Bahreïnie et Émiratie, seront forcés de démissionner et quitter leur emploi au cours des dix prochains jours. Ce qui affecte considérablement leurs droits du travail, surtout que la plupart d'entre eux sont associés à leurs familles résidant avec eux au Qatar et que leurs enfants étudient dans des instituts et des écoles Qataris. Il est à mentionner que  11387 personnes portant la nationalité de l'un de ces trois pays, seront obligées de quitter le Qatar pour retourner dans leur pays rapidement et sous la menace de sanctions.

De même pour des centaines d'autres citoyens des Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et Bahreïn possédant des entreprises et des intérêts commerciales au Qatar,  le fait qui encourra d'importantes pertes dues à la contravention des obligations commerciales, le même danger qu'affronteront les Qatariens résidants, travaillants dans les trois pays et possédant des entreprises privées.

Dans le même contexte, un citoyen saoudien âgé de 32 ans, vivant et travaillant à Doha avec sa femme Qatarienne, a révélé que cette décision signifiait  qu'il devait quitter son travail auquel il a travaillé pendant plus de 13 ans, et qu'il devait  retourner avec ses enfants en Arabie Saoudite sans sa femme.

Dans un témoignage, le citoyen qatari de 30 ans a déclaré qu'il possède 50 chameaux en Arabie Saoudite, et qu'il y a quatre travailleurs en Arabie Saoudite sous sa caution. Maintenant, il ne sera plus capable d'aller en Arabie Saoudite pour suivre son travail, il ne sait pas ce qui arrivera aux travailleurs ni si l'Arabie Saoudite retirera leurs séjours et les forcera de retourner chez eux, ce qui menace son projet commercial en entier.

Un autre citoyen qatari de 39 ans, a exprimé sa profonde inquiétude à cause des pertes concernant ses immobiliers à Sharjah et Ajman, estimé par des millions de Riyals, affirmant qu'il ne pourra plus accéder à ses propriétés là-bas. Il a ajouté: « J'avais acheté un billet avant le début de cette crise sur les lignes des Émirats arabes unis, puis je les ai reçu un email annulant mon voyage en raison que le travail entre l'aéroport de Doha et Abu Dhabi c'est interrompu. Et lorsque j'ai essayé de voyager à travers d'autres moyens que j'été interdit à cause de ma nationalité qatarie ".

Un coup sévère aux étudiants universitaires

La décision a un impact négatif sur les 706 étudiants, des trois pays du Golfe qui ont rompu leurs relations diplomatiques à Doha, étant donné qu'ils ne pourront plus achever leurs études universitaires au Qatar. Surtout que ces trois pays ont imposé  des amendes et des sanctions allant jusqu'à l'emprisonnement de leurs citoyens qui restent au Qatar malgré l'interdiction.

D'autre part, l'inscription des étudiants qataris dans les universités saoudiennes, Bahreïniennes et émiraties, sera annulée car ils ne peuvent plus rester dans le pays où ils étudient, et en cas de l'absence continue, les universités les expulseront comme il est bien noté dans les systèmes éducatifs, sauf si les universités permettent de reporter leurs études pour le prochain semestre dans l'espoir que le problème se résoudra prochainement.

Un étudiant qatari de mathématique au Bahreïn, a dit que tous ses cours dans l'État du Bahreïn pour le reste de l'année ont été annulés avec effet immédiat de la décision du 5 mai.

l'un des étudiants émiratis à Doha a déclaré qu'il était venu à Doha il y a un an, au but de compléter ses études postuniversitaires en sciences politiques, et qu'il est maintenant obligé de retourner en Émirats arabes unis, et ne sait pas quand il sera permis de revenir à Doha pour terminer sa deuxième année.

Criminalisation d'exprimer l'opinion et la sympathie

La décision des autorités des trois états du Golfe criminalisant l'empathie avec le Qatar « représente une violation honteuse  du droit d'expression». À cet égard, le procureur général des Emirats Arabes Unis, Hamad Saif Al Shamsi, a déclaré :"« Exprimer la sympathie avec le Qatar via les réseaux sociaux est un crime passible d'un emprisonnement durant 3 à 15 ans, et une amende d'au moins 500 mille dirhams. »

 

   Le saoudien, Mohammed Jaber, n'a pas pu déplacer le cadavre de son père, mort il y a trois jours, du Qatar à l'Arabie Saoudite pour l'enterrer, en raison de la fermeture des frontières entre les deux pays.   

 

De leur cote les médias de l'état saoudiens ont indiqué que ces expressions peuvent être considérées comme une cybercriminalité. En plus de la menace du ministère de l'intérieur du Bahreïn de condamner, à  5 ans de prison, toute personne sympathisant les autorités qataries.

Le procureur général des Émirats arabes unis a justifié sa décision, qu'elle a été suite aux politiques hostiles et irresponsable du Qatar contre l'EAU et contre un certain nombre de pays arabes et du Golfe, notant que cette justification est inacceptable, parce qu'elle n'affectera que les civils en les empêchant d'exprimer leur opinion concernant les courants incidents dans la région. Représentant ainsi un écart dans les objectifs pour lesquels la cybercriminalité a été établie, étendant les règles de la criminalisation et de la répression à des fins politiques en plus de son incompatibilité avec la Constitution des EAU lui-même, et violant le principe du droit pénal "aucun crime, aucune peine, sans loi". Cependant le procureur ne peut pas criminaliser un acte non-criminaliser dans la loi.

Les normes internationales ne permettent aucune restriction arbitraire sur le contenu publié dans la presse ou sur internet sauf dans quelque cas particulier tel que la calomnie et la diffamation représentant une menace réelle de la sécurité. Ainsi, la criminalisation et la punition des gens expriment et la sympathie avec tel ou tel parti, représente une limitation arbitraire injustifiée.

Les autorités des trois états du Golfe devraient  éviter les appels basés sur la haine, et devraient sauvegarder le droit des citoyens d'exprimer librement leur opinion et d'avoir des opinions sans interférence.

L'Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Bahreïn doivent reformer et modifier leur décision immédiatement, afin d'épargner aux civils les effets négatifs de ces décisions et faire cesser la violation de leurs droits.

« Ce qui est requis aux pays mentionnés, c'est de respecter leurs obligations en vertu du pacte international relatif aux droits civils et politiques, le pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, épargnant la population des effets des décisions politiques et protégeant leurs droits familiaux, leur droit du travail et leur droit d'exprimer librement leurs opinions. » a dit la conseillère  juridique d'Euro-Med, Mira Bechara.

 

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