Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les Droits de l'Homme a confirmé dans unséminaire, traitant la réalité de la liberté d'expression et des médias dans le monde arabe, à la 35e session du Conseil des Droits del'Homme à Genève, que la région arabe a connue durant ces dernières années, la plus pire dégradation dans les taux de liberté d'opinion et d'expression.

 

   Au cours des dernières années, des centaines de journalistes ont été tués et blessés alors qu'ils couveraient des événements   

Rimal Saed, une chercheuse de l'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les Droits de l'Homme

Dans son discours lors du séminaire, Rimal Saed, une chercheuse de l'Observatoire Euro-Méditerranéen, a mis en évidence que les pays arabes ont dépassé tous les mesures de la liberté de la presse mondiale dans la liste des pays les plus répressifs en violation des droits des médias et de la liberté du travail journalistique et des institutions travaillant dans ce domaine ". Elle a ajouté aussi que cette image détériorée de l'état de la liberté d'opinion et d'expression et des violations des médias, est apparu suite à la mobilisation civile et populaire à laquelle subi le monde arabe appelant à la nécessité d'une réforme sociale et politique, ou de remplacer les anciens systèmes gouvernementaux par des systèmes politiques démocratiques tenant compte des droits de l'homme et les besoins des citoyens. La chercheuse d'Euro-Med a démontré également les formes les plus alarmantes de violation des libertés de la presse dans la région arabe,incarnée dans de nombreuses images dévoilant le ciblage des journalistes et des travailleurs dans le domaine médiatique. Elle a montré qu'au cours des dernières années, des centaines de journalistes ont été tués et blessés alors qu'ils couveraient des événements.

En Syrie, 404 travailleurs dans le domaine médiatique ont été tués, depuis le début des événements en 2011 et jusqu'au mois de mai 2017. En Irak, 11 journalistes ont été tués et 44 autres blessés entre Mai 2016- Mai 2017. Elle a également misl'accent dans son discours sur les détentions, les menaces d'enlèvement et l'interdiction de la couverture médiatique contre les journalistes et les médias. L'Irak a connu une augmentation des attaques contre les journalistes et le travail des médias pour atteindre 375 cas de violation, au cours de la période  Mai 2016- Mai  2017, alors qu'en Syrie, le nombre de violations de la presse a atteint 891 violations sans cas de mort, depuis le début des événements jusqu'à la mi-2017.

La chercheuse d'Euro-Med a traité la poursuite et l'imposition de contrôle gouvernemental sur le travail des médias, par exemple, le nombre de prisonniers politiques aux Émirats arabes unis a dépassé 71 détenus, jusqu'à la date Juin 2017, signalant que la plupart d'entre eux ont été reconnus coupables des accusations liées à la liberté d'expression, avec des peines allant de 3 à 10 ans de prison. Elle a révélé aussi que les services de sécurité et les services de renseignements opérationnels, dans la plupart des pays arabes, imposent un contrôle sévère sur les activistes d'opinion et les travailleurs dans le domaine médiatique. Certains pays ont délivré des résolutions contre d'autres pays, criminalisant toute sympathie médiatique sur les réseaux sociaux par des longues périodes de prison et des amendes élevées, telles que les résolutions adoptées par de nombreux régimes arabes au cours de la récente crise avec l'état du Qatar.

Rimal Saed a déclaré que les pays arabes vivent une large propagation des discours de haine dans les medias ce qui est devenu un outil dangereux d'incitation contre d'autres pays et devenu aussi un motivateur politique particulièrement dans les pays arabes qui ont connu des changements dans les systèmes politiques et qui sont instables jusqu’à présent tel que l'Irak et la Syrie.

De sa part, Expert dans les médias européens, Hossam Shaker, a critiqué l'introduction par force des médias dans plusieurs pays du Moyen-Orient. Shaker a dit que de nombreuses autorités au Moyen-Orient essayent d'éliminer des médias et de préférer une partie plus que l'autre sans prendre en considération les compétences.

Shaker a traite également l'environnement européen qui a connu la publication des fausses nouvelles inquiétantes concernant les réfugiés, telles que la façon de l'expédition et du déplacement des réfugiés poussant le publique à avoir de l'aversion contre l'Europe et causant de nombreuses attaques.

Il a ajouté que « Les fausses nouvelles ont pu à un moment donné nous produire des nouvelles terrifiantes. Ainsi, nous avons vraiment besoin de faire une pause afin de comprendre comment les communautés reçoivent ces fausses nouvelles et comment ils les traitent, surtout que notre monde assiste à une importante accélération des changements produisant de l'anxiété et la crainte des menaces».

   Les pays arabes vivent une large propagation des discours de haine dans les medias ce qui est devenu un outil dangereux d'incitation contre d'autres pays   

 

Shaker a souligné que :" les communautés inquiètes ne réfléchit pas souvent raisonnablement et de façon neutre car elles sont contrôlées par la peur, et par conséquent, elles traiteront les nouvelles de manière sélective en préférant des nouvelles plus que les autres et peuvent même accepter beaucoup de fausses nouvelles."

 Il a appelé à corriger l'image des institutions et des personnalités musulmanes à la lumière des distorsions qu'ils subissent quelle que soit leur crédibilité.

"La falsification des nouvelles représente un véritable défi immaitrisable pour les  communautés, nous devons prendre conscience que ce problème est lié à la sensibilisation médiatique des sociétés qui devrait être plus que jamais active, et nous devons avoir un sens critique pour recevoir des informations et de fournir des plates-formes de vérification." a conclu Shaker.

De son côté, l'expert juridique Julia Legner a discuté de la grande différence entre ce qui se passe en Europe et dans le monde arabe en termes de traiter les fausses nouvelles et publiées délibérément. Legner a révélé que dans les états arabes du conseil du golf les journalistes, professeurs, et les hommes du droit ont été réprimé parce qu'ils tentent de transmettre la vérité et de s'exprimer librement, citant les cas de fermeture des journaux des médias dans les pays du Golfe et les lois de restriction imposée  sous le nom de la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. Elle a aussi noté que la majorité des pays du Golfe n'ont pas signé les conventions internationales sur les droits fondamentaux et la coopération pour la mise en œuvre de ces accords avec les Nations Unies est limitée et faible.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les Droits de l'Homme avait organisé deux séminaires en marge de la 35e session du Conseil des Droits de l'Homme qui se tient à Genève, pour mettre en lumière lors du premier séminaire la liberté d'expression et les discours de haine, et la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens dans le deuxième. La session courante des réunions du Conseil des droits de l'homme a connu plusieurs interventions des chercheurs d'Euro-Med qui concentrent sur de différentes  questions sur la situation des droits de l'Homme au Moyen-Orient et en Europe.