Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen pour les droits de l’Homme a exprimé sa profonde préoccupation face à l'escalade des mesures de sécurité, prises par les forces gouvernementales irakiennes et ses milices, à travers la fermeture fréquente des provinces et des villes ce qui les transforment en des grandes prisons.

 

   De nombreuses villes irakiennes sont exposées depuis longtemps aux violations persistantes des forces gouvernementales irakiennes et ses milices, en vertu des opérations de fermeture et de blocus   

Rimal Saed, une chercheuse d'Euro-Med

 

Lors d'un communiqué de presse, Euro-Med a mis en garde contre les violations auxquelles subissent les civils irakiens, notamment les femmes, les enfants et les malades à la suite des politiques arbitraires et inhumaines commises contre eux.

"De nombreuses villes irakiennes sont exposées depuis longtemps aux violations persistantes des forces gouvernementales irakiennes et ses milices, en vertu des opérations de fermeture et de blocus." A déclaré Rimal Saed, une chercheuse d'Euro-Med.

Saed a rapporté que ces mesures ont été prises sans tenir compte des besoins humanitaires de la population et sans conditions sécuritaires impérieuses, les forces ferment délibérément  les provinces et les villes durant plusieurs jours, empêchant l'entrée des habitants et des visiteurs.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a prévenu que les résidents des villes irakiennes se sont retrouvés enfermé par un gouvernement très restrictif après leur libération de l'organisation de l'État islamique qui contrôlait la région.

Il a également expliqué que ces restrictions comprennent l'empêchement de l'entrée des produits et de nourriture durant plusieurs jours, ce qui endommage cette produite suite à l'exposition au soleil brûlant et au mauvais stockage, affectant de façon directe et négative la vie des civils, en plus de la complication la sortie des cas urgents y compris les patients et d'autres cas humanitaires dans les villes fermées.

Le 24 juin 2017, Euro-Med a documenté la fermeture des entrées et sorties d'Al Falloujah par les forces gouvernementales communes, l'interdiction de mobilité pour des milliers de patients, employés et les voyageurs, causant l'évanouissement de nombreux civils poussant les habitants à secourir les autres en leur mettant des nutritifs médicales.

Il ne s'agit pas de la première fermeture de la ville d'Al Falloujah, mais il a été précédé par plusieurs, longues et épuisantes fermetures pour les civils, en les privant de rejoindre leur travail quotidien et leur emploi, en conséquence d'attendre pendant plusieurs jours pour quitter ou entrer dans la ville.

Euro-Med a souligné que la population et les dignitaires d'Al Falloujah se sont adressé au ministre de l'Intérieur actuel, Qasim Al-araji, signalant que la ville a été ouverte, suite à sa demande, pour uniquement un jour, et que pour le reste des jours la souffrance des civils continue.

Il a également indiqué que les forces gouvernementales ferment délibérément les points de passage de la ville d'Al Falloujah pendant les trois heures d'ouverture déclarée, alors que la sortie des habitants de la ville vers Bagdad est limité à seulement 12 heures, par le seul passage situé à l'est de la ville et ouvert de 7 du matin jusqu'à 20 heures.

Dans la province d'Anbar, les gens se déplacent entre leurs régions d'origine et les villes voisines, qui sont situées dans la même zone géographique, à l'aide d'une "agrafe" reçu par les agences de sécurité gouvernementales, cette agrafe est considéré comme un passeport permettant le déplacement des civils à l'intérieur de la province, elle est aussi obtenue après des procédures longues et compliquées, et des inspections pendant des heures, pour chacun d'accès à une ville.

 

   Les restrictions comprennent l'empêchement de l'entrée des produits et de nourriture durant plusieurs jours   

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a marqué que les procédures strictes mentionnées dans les villes et les provinces au nord de l'Irak sont identiques à ceux dans les secteurs situés au nord de Bagdad, tels que la ville de «Tikrit» et «Peggy» dans la province de Salah al din, et la province, «Diyala», et certaines zones dites de la ceinture de Bagdad tels que «Tarmiya», «Mahmoudiyah» et «falaise de roche».

Les milices et les forces gouvernementaux contrôlent les villes et les villages et ferment tous leurs passages en bloquant le mouvement des civils, ces pratiques s'augmentent après chaque attentat ou assassinat d'un commandant de la milice, ou d'un responsable militaire.

"Ces actions injustes contre les civils représentent une violation flagrante du droit international, au moment où le Droit International des Droits de l'Homme oblige les  gouvernements à respecter le droit du peuple à la liberté de mouvement à l'intérieur et à l'extérieur des villes, un droit reconnu dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme dans l'article (13), ainsi que dans l'article (12) de la Convention Internationale des Droits civils et politiques." a conclu Euro-Med.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a appelé le gouvernement irakien à faciliter la vie des civils, de leur fournir les services nécessaires, de permettre l'entrée des marchandises et des denrées alimentaires dans les villes assiégés et de garantir la sortie des patients afin de recevoir les soins de santé nécessaires.