Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a averti contre les violations croissantes dans les villes yéménites dans un contexte lié à la liberté de religion et de conviction, ce qui rend ces endroits peu sûrs pour les citoyens, en les maintenant dans un état d'instabilité au long du temps en conséquence des menaces de mort et d'arrestations par des groupes militants.

 

   Aucune partie quelconque n'a le droit à restreindre le peuple selon ses points de vue, ainsi que ces parties doivent respecter le droit à la liberté d'expression et la liberté de religion    

Sandra Owen, la porte-parole de l'Observatoire Euro-Méditerranéen

 

"La poursuite des activistes yéménites et la fixation de fausses accusations contre eux sont intrinsèquement liés à leurs croyances religieuses; ce qui menace constamment leur vie et dégrade le sentiment de sécurité de leur vie et celle de leurs familles." a déclaré l'Observatoire International des Droits de l'Homme dans un communiqué de presse.

Euro-Med a mis l'accent sur l'incident de la poursuite, sous accusation de laïcité, du journaliste et l'activiste communautaire yéménite, Ghulam Ishaq Qasim, âgé de 24 ans, de la ville d'Éden, par des groupes religieux extrémistes.

Selon les détails de l'incident, Euro-Med a expliqué qu'en date du 20 Juin 2017, Ghulam a reçu une citation à comparaître et un renvoi aux fins d'enquête, qui contenait une plainte déposée par trois personnes à la direction de Tawahi dans la ville Éden, sur des accusations de laïcité.

" L'accusation du journaliste Ghulam par la laïcité est venu pour inciter les groupes militants de le tuer, étant contraires à leur croyance, ce qui a été clairement démontré par la publication du document de la citation à comparaître, portant la signature du directeur de la direction Tawahi, et par la présentation de ce document à certains Imams de mosquées dans la région Éden." A affirmé l'Observatoire des Droits de l'Homme.

Selon la famille de Ghulam, l'Observatoire des Droits de l'Homme a révélé que Ghulam, son père et son frère ont été conduit par certains salafistes et militants à la mosquée Al Hatari près de leur maison, Ghulam a été condamné par la suite à l'isolement dans son domicile pour une période de 3 jours dans le but de déclarer sa repentance, le forçant à accomplir les cinq prières quotidiennes dans la mosquée, le menaçant de l'application du châtiment au cas où il refuse la décision de l'Imam de la mosquée Al Hatari, cependant il n'a pas été épargné par les menaces et le harcèlement des groupes militants.

"Aucune partie quelconque n'a le droit à restreindre le peuple selon ses points de vue, ainsi que ces parties doivent respecter le droit à la liberté d'expression et la liberté de religion et de conviction, ce qui n'est pas le cas pour les groupes extrémistes déployés au Yémen qui violent largement ces droit." a dit Sandra Owen, la porte-parole de l'Observatoire Euro-Méditerranéen.

Selon des sources locales au Yémen, le groupe intitulé "brigade de mort" avait menacé Ghulam de mort, marquant que cette brigade avait déjà assassiné le jeune Amjad Abdul Rahman Mohamed, le 14 mai 2017 dans un cyber net sous accusation d'athéisme, et l'activiste Omar Bataiwil dont son corps a été retrouvé avec des effets de balle, le 25 Avril 2017, dans la région Cheikh Othman, et il est à noter que Bataiwil avait reçu des menaces de liquidation physique, des accusations d'athéisme et d'apostasie par des extrémistes inconnus en raison de ses publications sur Facebook et qui ont été considéré comme offensant pour la religion.

Dans le même contexte, Rawia Muhammad Jawas, la fiancée de Ghulam, avait été attaquée et décrit d'infidèle par des gardes salafistes, alors qu'elle se dirigeait vers le bureau du commissaire de la direction de Tawahi, où  ils ont été également accusés de faire partie d'un grand système d'athées qui devraient être éliminés. Ensuite ils ont été contraints de signer un document et d'adopter une réconciliation qui est un aveu de culpabilité, devant le commissaire de la direction et l'Imam de la mosquée, qui les a menacés d'être exécuté en public au cas du non-respect du document signé.

Euro-Med a montré que deux jours après la signature du document, Ghulam et sa famille ont été envahi, attaqué par un groupe extrémiste et emmené ensuite au poste de police de Tawahi pour être détenu sous accusation d'infidélité.

Euro-Med a noté aussi que le père et le frère de Ghulam ont été exposés, au cours de l'enquête, aux traitements cruels et dégradants et aux menaces de brûler leur maison. Quant à la mère de Ghulam, qui est de nationalité indienne, elle a reçu un commandement de discipline afin d'enquêter sur son appartenance religieuse, alors que Ghulam subit toujours aux harcèlements criminels.

Euro-Med a mis en évidence l'article18 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, assurant que toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté d'avoir ou d'adopter une religion ou une conviction de son choix, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction, individuellement ou en commun, tant en public qu'en privé.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a appelé à la nécessité d'arrêter la poursuite des personnes en raison de leurs croyances religieuses, en insistant sur la nécessité de l'abolition de la peine de mort contre les personnes qui contreviennent aux groupes extrémistes religieux, et la libération des citoyens détenus pour de telles accusations.

L'Observatoire Européen a appelé à donner la pleine liberté aux citoyens à la liberté de religion et de conviction conformément au droit international des droits humains, de créer un environnement respectant toutes les opinions et les tendances, et de sauvegarder le droit des citoyens d'exprimer leurs opinions.