Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des droits de l'Homme a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des violations commises par les forces de l'armée irakienne, la police et les milices armées contre les civils et les résidents étrangers dans les villes et les provinces de l'Irak, dans sa guerre menée contre l'État islamique "Daesh".

 

   Il y a des centaines de scènes de torture pratiquées à l'écart des médias   

Yahya Ashraf, un chercheur d'Euro-Med

 

Une vidéo récemment publié sur les réseaux sociaux a montré un groupe de membres de l'armée irakienne et la police en train d'attaquer physiquement et verbalement un citoyen soudanais, intitulé Moussa Bachir et qui résidait dans la province d'Al-Basserah au sud du pays, où la police irakienne l'a arrêté après sa sortie de l'hôpital à la suite de sa blessure par erreur lors d'un conflit tribal.

La vidéo montrait le citoyen soudanais, marié à une femme irakienne, avec des effets de fatigue sévère due à la torture, entouré par un groupe d'officiers de police et les milices armées qui le frappaient au visage et lui donnaient des coups de pied, à l'usage d'un outil d'allumage des cigarettes un policier lui a brûlé le menton et les cheveux. La vidéo révèle la blessure de Bachir dans son pied et montre qu'il saignait lors de son agression, en plus des accusations qui ont été portées contre lui d'appartenir à l'État islamique Daesh, notant que le citoyen soudanais a été libéré sous la pression de l'autorité soudanaise exercée sur le gouvernement irakien.

De son côté Euro-Med a mis en garde contre l'ampleur croissante de la souffrance et des violations inhumaines commises par les forces armées irakiennes contre les civils et des résidents étrangers en Irak, en plus des représailles, des enlèvements et des tortures auxquelles subissent les familles des personnes qui font partie de l'État islamique Daesh.

L'Observatoire des Droits de l'Homme a indiqué que l'absence du contrôle gouvernemental et international sur les milices et les groupes armés et sectaires dispersés dans les villes irakiennes, conduira à l'apparition de nouvelles violations, actes de représailles, menaces, tortures, la détention arbitraire et des méthodes de répression loin de l'état de droit.

"Les images échangées peuvent nous transmettre une partie de la souffrance et des traitements inhumains auxquels subissent certaines personnes, mais il faut toujours se rappeler qu'il y a des centaines de scènes de torture pratiquées à l'écart des médias, et personne ne peut savoir à quoi ils sont exposés." a dit le chercheur d'Euro-Med, Yahya Ashraf.

Euro-Med a exprimé son inquiétude envers la poursuite des violations contre les civils et les résidents étrangers, l'aggravation des crises sociales et la souffrance de la population là-bas, en plus de  l'absence du cadres juridiques qui maintient leur vie et déterminent le traitement du gouvernement des résidents.

Euro-Med a également demandé aux autorités irakiennes de prendre les mesures nécessaires et les mécanismes internationaux appropriés pour protéger les civils, quelles que soient leurs affiliations politiques et religieuses.

Le Droit International a garanti, par le biais de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, le droit des étrangers en cas de crise grave, comme il est prévu dans les articles 5 à 10 de la déclaration qui stipule que toute personne étrangère a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle. Et que nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

En plus du droit à la protection contre les immixtions arbitraires ou illégales dans la vie privée, de famille, du logement ou la correspondance, ainsi que le droit à l'égalité devant les tribunaux.