Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a considéré la démission d'un membre de la Commission Internationale d'enquête en Syrie, Carla Del Ponte, comme une confirmation de l'incapacité du Système International dans la prise de décision d'arrêter un flot de violations des droits de l'homme en Syrie.

   L'échec actuel de la résolution de la crise syrienne n'est pas une exception, et l'utilisation répétée du droit du veto dans la crise syrienne a affaibli la légitimité de la commission d'enquête   

 

À cet égard, Euro-Med a déclaré, dans un communiqué, que:"les crimes de guerre répétés en Syrie, au cours des dernières années, ont testé l'efficacité du Conseil de Sécurité des Nations Unies, prouvant qu'il constitue seulement un théâtre des positions politiques."

La Suisse Ponte, âgé de 70 ans, avait déclaré qu'elle a décidé de quitter son poste car sa mission est devenue impossible, en raison du manque de soutien politique du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ponte avait annoncé auparavant qu'elle avait capitulé et qu'elle quittera la commission d'enquête, qui ne reçoit aucun appui de la volonté politique, elle a ajouté:"Je n'ai aucune autorité tant que le Conseil de sécurité ne fait rien, nous sommes impuissants et il n'y a pas de justice pour la Syrie."

La Commission Internationale d'enquête a indiqué, lors de son communiqué, que Ponte avait informé ses collègues, Juin dernier, qu'elle avait pris la décision de démissionner, soulignant que les enquêtes de la Commission se poursuivront.

Il est à noter que la démission de Ponte réduit le nombre d'enquêteurs du Comité International à deux seulement et qui sont : l'expert Brésilien des droits de l'homme: Paulo Sergio Pinheiro, et l'américaine: Karen Koning Abu Zayd.


Le CICR a été créé en Août 2011, par une décision du Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies, et il est confié d'enquêter sur toutes les violations présumées des droits de l'homme depuis le début de la crise interne en Syrie en Mars 2011. Le Comité a présenté des rapports périodiques sur les violations des droits de l'homme en Syrie, mais leurs appels à l'engagement du droit international ne recevaient pas souvent d'importance.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a révélé aussi que l'incapacité du Conseil de Sécurité dans l'intervention pour résoudre les menaces de sécurité et de la paix mondiale, ne représente pas un feu vert pour la poursuite des crimes de guerre et des violations des droits de l'homme, mais contribue également à créer un environnement favorable à la croissance de l'extrémisme et le terrorisme.

"L'échec actuel de la résolution de la crise syrienne n'est pas une exception, et l'utilisation répétée du droit du veto dans la crise syrienne a affaibli la légitimité de la commission d'enquête et a entravé son travail en tant que principal organisme international dans la prise de décision au niveau mondial." a déclaré Euro-Med.

 

L'Observatoire a appelé l'Assemblée générale des Nations Unies pour réactiver le mécanisme de "l'union pour la paix", adoptée dans sa résolution n° (377), ce qui permet à l'Assemblée générale d'examiner une question quand le Conseil de sécurité échoue à approuver les mesures appropriées qui préservent la paix et la sécurité internationales.

Il a souligné la nécessité de revoir l'exercice du pouvoir de veto dans les cas avérés d'une menace explicite à la paix et la sécurité internationales, et d'adopter l'article permettant d'informer les affaires de la Cour pénale internationale sur les crimes de guerre et de génocide quels que soient les décisions prises par les États membres du Conseil de sécurité.

Il est à noter que l'Observatoire Euro-Méditerranéen publiera en collaboration avec le Réseau syrien pour les droits de l'homme, un rapport sous le titre "le Conseil de sécurité est-il capable d'assurer la sécurité mondiale?", en se concentrant sur les conséquences négatives des décisions des pays membres du Conseil de sécurité possédant l'autorité "veto".

Le rapport conclut un ensemble de recommandations incitant les membres de l'Organisation des Nations Unies, notamment l'Assemblée générale, sur la nécessité de réformer les règles qui régissent le travail du Conseil de sécurité, ou de trouver au moins des alternatives pour résoudre les problèmes des crises humanitaires urgentes.

Depuis le début des événements de la crise syrienne en Mars 2011, 13 résolutions ont été discuté et adopté par le Conseil de sécurité, au sujet e la situation humanitaire qui se détériore en Syrie, en dépit de ces décisions, le veto a opposé six résolutions, depuis 2016, afin de bloquer les résolutions condamnant les violations des droits de l'homme et l'utilisation des armes matières explosives interdites au niveau international contre les civils.

Au fil de l'histoire du travail du Conseil de sécurité le veto a restreint la capacité du Conseil à intervenir pour résoudre plus efficacement les crises internationales et les violations des droits de l'homme.