Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a confirmé que la région arabe a connu des restrictions inédites sur la liberté de religion et de conviction, notamment ce que pratiquent les autorités saoudiennes contre la liberté de pratiquer les rites religieux.

 

    l'État islamique donne aux minorités l'option de se convertir à l'islam ou d'être condamné à la peine de mort   

Rimal Saed, une chercheuse juridique à l'Observatoire Euro-Med

 

Le Conseiller juridique à l'Observatoire Euro-Med, Ihsan Adel, a critiqué lors d'un séminaire organisé par Euro-Med en coopération avec le Centre indépendant de Recherche et d'Initiative pour le Dialogue (CIRID) à Genève, l'exploitation des autorités saoudiennes du rite du pèlerinage dans le conflit politique en mettant pression sur l'État du Qatar et les restrictions imposées aux citoyens Qataris pour effectuer le pèlerinage.

"Les pratiques saoudiennes violent le droit international et la Charte arabe des droits de l'homme et établissent le principe de l'intolérance et de la discrimination fondée sur la religion ou les convictions", a confirmé Adel lors d'un séminaire tenu en marge au cours de la sixième session des réunions du Conseil international des droits de l'homme sur la liberté de religion et de conviction au Moyen-Orient.

Il a aussi déclaré qu'après la crise du Golfe et l'imposition d'un blocus au Qatar qui date de juin dernier, l'Arabie saoudite a refusé de communiquer avec le ministère du Waqf (pour l'arrangement du pèlerinage) afin de recevoir la liste des pèlerins et afin de leur compléter les procédures pour faciliter leurs activités et leur fournir des garanties sécuritaires.

Il a ajouté: "Il n'y a aucun besoin sécuritaire nécessitant l'imposition des restrictions par les autorités saoudiennes et la privation du pèlerinage, qu'il s'agisse d'opposants politiques ou de citoyens d'un état en raison de la position politique de ce pays".

Adel a souligné que les autorités saoudiennes avaient déjà pris une série de mesures arbitraires contre les Qataris qui étaient présents dans le Royaume pour effectuer des rituels de la Umrah en leur exigeant de quitter leurs territoires et en annulant leurs réservations dans les hôtels locaux.

Il a souligné que de telles mesures contrevenaient à l'article premier de la Déclaration de l'élimination de toutes les formes d'intolérance et de discrimination fondées sur la religion ou la conviction de 1981, et la Charte arabe des droits de l'homme de 1994 (l'article 26 et 27) et la Déclaration du Caire sur les droits de l'homme dans l'Islam de 1981.

Le conseiller juridique d'Euro-Med a appelé les autorités saoudiennes à respecter les alliances internationales exigeant le rejet de toutes les formes d'intolérance et de discrimination fondée sur la religion ou les convictions.

De son tour, la chercheuse juridique à l'Observatoire Euro-Méditerranéen, Rimal Saed, a traité les violations des minorités religieuses en Irak et à la discrimination à leur égard, y compris les restrictions à l'emploi, l'accès aux services public et la participation aux forums politiques et d'autres.

Saed a ajouté que la dite organisation de l'État islamique donne aux minorités l'option de se convertir à l'islam ou d'être condamné à la peine de mort, notant que même les musulmans sunnites accusés du non-respect de l'organisation ou du soupçonné de collaborer avec le gouvernement irakien sont confrontés à la même peine.

De sa part, Dani Dugnes, responsable de "Scale for Justice", a dénoncé la construction continue des colonies par les autorités d'occupation israéliennes, expliquant que les colonies étaient censées d'imposer le contrôle aux Palestiniens et d'annexer leurs terres. Ce qui affecte le droit à la liberté de religion non seulement à Jérusalem mais dans toutes les régions, y compris à Hébron.

Dugnes a démontré, selon ce qu'elle a vu lors de sa visite à Hébron, qu'il existe un certain nombre de lieux religieux important pour les musulmans et les Juifs à Hébron en particulier, et que les colons israéliens tentent toujours de contrôler la ville avec le soutien du gouvernement israélien.

Quant à Ayat Al-Ansari, la chercheuse à Euro-Med, elle a traité les violations commises par les autorités d'occupation israéliennes contre les lieux saints islamiques et chrétiens dans la ville occupée de Jérusalem.

Ansari a déclaré que les autorités d'occupation cherchent à imposer une totale souveraineté sur la mosquée Al-Aqsa, en impliquant des décisions et des mesures visant à judaïser et à restreindre l'accès des musulmans à Al-Aqsa, en plus de l'escalade de la politique d'arrestation et de déportation de la mosquée.

Elle a également souligné l'adoption officielle israélienne des fouilles sous la mosquée Al Aqsa et l'organisation des assauts de la mosquée par les extrémistes juifs et les agents de sécurité, ainsi que la confiscation et la construction à proximité de la mosquée.

La chercheuse des Droits de l'Homme à l'Observatoire Euro-Méditerranéen a mis en garde contre l'évasion constante d'Israël de la mise en œuvre des résolutions internationales relatif à Jérusalem publiées par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), et les tentatives continues de vider les décisions de leur contenu.