Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a confirmé, au cours d'un séminaire organisé en marge des réunions du Conseil des droits de l'homme, que les pays arabes devraient s'efforcer de permettre à leurs citoyens d'exercer leurs droits légitimes et de cesser de réprimer les militants des droits de l'homme, notamment dans le Royaume du Bahreïn.

 

   Les défenseurs des Droits de l'Homme au Bahreïn ont subi aux traitements cruels et inhumains dans les prisons   

Lors d'un séminaire organisé par l'Euro-Med sur la crise des droits de l'homme dans les pays arabes en coopération avec le Centre CIRID ,Mahmoud Jawad, le conseiller en opérations de l'Observatoire Euro-Med, a parlé des politiques de répression des militants de la société civile au Bahreïn.

Il a aussi souligné que les autorités du Bahreïn continuent d'imposer des mesures restrictives contre les militants et les organisations de défense des droits de l'homme, mettant l'accent sur l'incident de l'interdiction de l'entrée au Bahreïn du Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture.

Les défenseurs des Droits de l'Homme au Bahreïn ont subi aux traitements cruels et inhumains dans les prisons, y compris la torture et la détention dans de mauvaises conditions, les empêchant d'accéder aux soins de santé dont ils ont besoin, soulignant l'arrestation arbitraire de 20 militants, juillet dernier.

Mahmoud Jawad a critiqué la répression continue de la liberté de la presse au Bahreïn, ce qui le classe en 142ème parmi 180 pays répertoriés dans l'indice mondial de la liberté de la presse 2016, émis par "correspondants sans frontières".

Dans son discours lors du séminaire, Jawad a prévenu du nouvel amendement constitutionnel adopté le 21 février 2017 au Bahreïn, permettant aux tribunaux militaires de juger les civils dans une violation flagrante des normes internationales du procès équitable.

Il a également appelé le gouvernement bahreïni à s'acquitter des obligations qui lui incombent en vertu des traités internationaux qu'il a signés et ratifiés, tels que le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment les dispositions du Pacte sur la liberté d'expression, la liberté de la presse et le droit à un procès équitable.

Kamal Al-Aifi, le représentant de l'organisation "Justice First " a parlé des répercussions de la crise du Golfe sur les citoyens des pays du Golfe, soulignant que ces répercussions ont eu un impact important sur tous les niveaux sociaux, politiques, culturels et économiques, notant que la mobilisation des médias dans les pays du Golfe, continuent d'avoir un impact continu à long terme, ce qui doit être abordé de manière urgente.

Al-Aifi a souligné que la crise du Golfe a causé la violation d'un grand nombre de droits, dont le plus important est le droit au travail, au mouvement, à l'éducation et le droit au regroupement familial. Il a aussi appelé la communauté internationale et les rapporteurs spéciaux des Nations unies à s'acquitter de leurs responsabilités à l'égard des violations subies par les citoyens des pays du Golfe, surtout qu'ils ne peuvent pas épuiser les procédures locales.

Pour sa part, la chercheuse à l'Observatoire Euro-Med, Iman Zeitar, a attiré l'attention sur l'indice mondial de la qualité de l'éducation publié par le Forum économique mondial à Davos pour l'année 2015-2016, confirmant la sortie de l'Irak de la classification internationale dans la qualité de l'éducation, en l'estimant sans éducation et avec les normes de qualité les plus bas.

Elle a noté que le système d'éducation irakien souffre d'un déséquilibre clair dans tous ses aspects, soulignant que les opérations militaires dans les villes et les villages d'Irak ont ​​changé le programme scolaire, selon les croyances des groupes qui contrôlent ces villes, en plus de la destruction d'un grand nombre d'écoles et de la réduction du nombre de membres du corps professoral en raison de la contrainte d'immigration ou de détention, ce qui a conduit à la réticence des étudiants à achever leurs études.

La chercheuse juridique a également cité un certain nombre de statistiques récentes qui reflètent le déclin du niveau d'éducation en Irak, marquant que celle-ci a perdu environ 600 mille étudiants dans la période comprise entre 2005 et 2017, et que selon les statistiques du Ministère irakien de l'éducation, 28% seulement des étudiants ont passé leur sixième année.

De même, elle a souligné les politiques de discrimination sectaires suivis par les ministères de l'Éducation contre les étudiants dans les provinces d'Irak, révélant que les taux de répétition délibérée par le ministère de ces provinces ont atteint des taux élevés depuis 2005 en raison des quotas sectaires dans ces ministères.

Au cours de son discours, Iman Zeitar, a expliqué que la plupart des établissements d'enseignement en Irak se sont transformé en arène des conflits sectaires et des moyens de mobilisation et d'implication des étudiants dans les milices, en les intégrant dans des conflits armés sous prétexte de combattre ce qu'on appelle l'organisation de l'État islamique. La chercheuse a appelé les autorités irakiennes à assumer toutes leurs responsabilités envers les citoyens irakiens, notamment le Ministère de l'Éducation en Irak, afin d'épargner les institutions éducatives des conflits sectaires.