Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a averti de l'aggravation de la situation des enfants réfugiés syriens travaillant au Liban et qui souffrent d'une série de violations nécessitant une intervention immédiate des autorités libanaises, y compris la modification des lois pertinentes.

   Le fait de ne pas permettre aux réfugiés au Liban de travailler expose la catégorie des enfants à des circonstances difficiles telles que le travail illégal   

L'observatoire, basé à Genève, a publié un rapport complet sur le phénomène de l'emploi des enfants réfugiés syriens au Liban, souffrant de longues heures de travail et de l'absence d'outils minimaux de sécurité, ce qui les met en danger d'accidents mortels et d'attaques physiques.

Le rapport intitulé: «Petites mains, Énormes Engagements», a révélé qu'environ 54,8% des réfugiés syriens au Liban étaient des enfants, dont 72% étaient des femelles.

Selon le rapport, 50 % seulement de ces enfants réfugiés au Liban fréquentent l'école primaire (environ un quart d'un million d'enfants âgés de 3 à 14 ans).

Le rapport indiquait que 60 à 70 pour cent des enfants réfugiés syriens au Liban avaient été forcés de travailler au gré de l'Organisation "Anti-esclavage" affilié de du fond de la liberté.

Selon l'Organisation internationale du Travail (OIT), 85% des enfants travaillant au Liban (principalement des Syriens) ont été soumis aux pires formes de travail des enfants.

À cet égard, Euro-Med a appelé les organismes des Nations unies et les pays du monde entier à fournir un soutien adéquat pour répondre aux besoins des réfugiés et des demandeurs d'asile au Liban et à l'intensification du soutien à l'éducation et à l'expansion des projets d'écoles, ainsi que la mise en place de projets économiques spéciaux pour les réfugiés et les demandeurs d'asile, afin de les aider financièrement et pour les aider à surmonter les restrictions imposées à leur travail au niveau local.

L'Observatoire a souligné que le fait de ne pas permettre aux réfugiés au Liban de travailler expose la catégorie des enfants à des circonstances difficiles telles que le travail illégal, qui nuit aux travailleurs et au marché du travail, ou à la mendicité, qui s'oppose à leur droit à une vie décente.

Euro-Med a aussi appelé les autorités libanaises à arrêter complètement les pratiques qui restreignent le droit des réfugiés au travail, y compris la signature des accords du non-travail, avertissant que la poursuite de ces autorités réprime le travail des réfugiés adultes avec des salaires inacceptables conduit au travail forcé des enfants et à l'abandon scolaire.

Les autorités libanaises devraient faciliter la vie de tous les réfugiés Syriens et Palestiniens, en renonçant pleinement aux frais de résidence qui est l'un de leurs droits, d'autant plus que cela réduirait le nombre de réfugiés illégaux sur son territoire.

   85% des enfants travaillant au Liban (principalement des Syriens) ont été soumis aux pires formes de travail des enfants   

 

En ce qui concerne l'éducation des réfugiés, Euro-Med a appelé les autorités libanaises à accroître leur contribution à l'élimination des divers obstacles à l'inscription des enfants réfugiés dans les écoles, surtout qu'au moins 54% des réfugiés sont des enfants.

L'Observatoire a également appelé les autorités libanaises à faire plus d'efforts dans la fourniture d'écoles spécialisées pour l'enseignement des réfugiés, en particulier avec la différence d'éducation entre le système dans les pays réfugiés et au Liban, et prendre comme modèle les écoles du soir  pour les renforcer.

Euro-Med a recommandé la nécessité d'accroître la surveillance et de renforcer l'inspection du travail des enfants, de supprimer tous les obstacles qui l'empêche et de fournir des inspecteurs spécialisés conformément à l'engagement du Liban envers les conventions des Nations unies et ses propres lois.

À la fin de son rapport, l'Observatoire a espéré que les autorités libanaises reconsidéreront les lois sur le travail des enfants, appelant en particulier le Parlement libanais à le faire.

 

Le rapport en angails