Genève- L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a critiqué les mesures prises par les autorités algériennes contre les migrants, surtout les femmes et les mineurs face aux campagnes d'arrestation et d'expulsion, appelant à mettre fin aux politiques arbitraires et à respecter les obligations de l'Algérie envers les conventions internationales. 

   Les autorités algériennes continuent de lancer des campagnes d'arrestations et d'expulsions à grande échelle contre les migrants d'Afrique centrale et d'Afrique du Sud sans tenir compte de la situation humanitaire de ces migrants   

Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med

Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med, a déclaré que malgré la loi internationale d'accorder la légitimité des États et le pouvoir de contrôler la frontière et l'expulsion des personnes qui ne sont pas présentes légalement dans le pays, mais en retour ces personnes ont eu le droit de contester les décisions d'expulsion et l'expulsion sans être soumis à des méthodes de détention et de traitement arbitraire ou discrimination fondée sur la couleur ou la race.

Pritchett a ajouté que les autorités algériennes continuent de lancer des campagnes d'arrestations et d'expulsions à grande échelle contre les migrants d'Afrique centrale et d'Afrique du Sud sans tenir compte de la situation humanitaire de ces migrants.

Euro-Med a souligné l'arrestation et la déportation de plus de 2 000 migrants venant des pays africains et des pays voisins d'Algérie au cours des trois semaines d'octobre dernier, dont 300 mineurs, en plus de 25 mineurs non accompagnés de leurs proches, selon la surveillance de l'Amnesty International.

L'Observatoire des Droits de l'Homme a exprimé sa profonde préoccupation quant au sort des migrants expulsés, et qui constituaient pendant des années une grande partie des travailleurs, tout en refusant leur expulsion et celle de leurs familles et en les privant de leur source de revenus, d'autant plus que leurs familles comprennent des femmes enceintes, des enfants, et des nouveau-nés, qui ont été touchés de façon spectaculaire et sont devenus sans-abri.

Euro-Med a souligné que le gouvernement algérien poursuit arbitrairement depuis des années sa politique d'expulsion contre les migrants venant des pays africains, bien qu'ils aient été déplacés des zones de conflit et de la pauvreté en demande de protection.

Euro-Med a aussi déclaré que les procédures de détention sont souvent effectuées par la police et la gendarmerie algérienne, accompagné d'un comportement abusif et injustifié dans le traitement de l'immigration clandestine, de sorte que les migrants, les travailleurs africains et leurs familles sont collectés dans des camions en fonction de la couleur de la peau, marquant qu'une grande partie d'entre eux a été expulsée vers des zones frontalières dangereuses où la présence du gouvernement est limitée.

L'Observatoire a révélé que ces comportements sont fondés sur des différences ethniques et des expulsions forcées en violation du droit international humanitaire, qui affirme l'irrecevabilité de l'expulsion forcée de toute personne sans le droit légal de contester son expulsion, ainsi qu'aucune personne ne peut être renvoyée dans une zone où sa vie est gravement menacée ou toute autre violation des droits de l'homme.

Il est à noter que l'Algérie est un État parti à la Convention internationale sur la protection de tous les travailleurs migrants et leurs familles, et qui interdit l'expulsion collective des travailleurs migrants et de leurs familles indépendamment du statut juridique ou l'organisation juridique de leur travail. 

   Ces comportements sont fondés sur des différences ethniques et des expulsions forcées en violation du droit international humanitaire   

 

Par conséquent, l'Observatoire Euro-Med a appelé à la mise en œuvre des politiques déclarées de l'Algérie à travers ses responsables, plus particulièrement la déclaration du ministre algérien de la Justice, le mois dernier, dans laquelle il a confirmé que le gouvernement n'a pas fermé ses portes aux immigrés et que celui-ci travaille pour protéger ses frontières et sécuriser le pays. L'Observatoire International des Droits de l'Homme a appelé les autorités algériennes à adopter une stratégie efficace en matière de droits de l'homme pour faire face à l'immigration clandestine et aux demandeurs d'asile dans le pays, afin d'assurer une meilleure protection aux groupes vulnérables de migrants.

Euri-Med a également souligné que les autorités algériennes devraient respecter leurs obligations internationales concernant les droits des migrants et des demandeurs d'asile en tant qu'État partie à la Convention de 1951, relative au statut des réfugiés, et la Convention contre la torture de 1987 et d'autres conventions demandant le rejet des traitements cruels et dégradants, ce qui interdit à l'Algérie de menacer la protection de tout réfugié ou demandeur d'asile, l'exposant à des persécutions, à la torture ou à des traitements inhumains ou dégradants.