Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a condamné la politique des autorités israéliennes imposant des amendes excessives aux prisonniers palestiniens dans leurs prisons de manière arbitraire et injustifiée dans le contexte de les punir et de mettre une pression économique sur eux et leurs familles.  

   La politique d'imposition des amendes israélienne n'excluait aucun prisonnier, y compris les prisonnières et les enfants, et constitue une guerre d'usure contre les prisonniers et leurs familles   

Ihsan Adil, le conseiller juridique d'Euro-Med

L'Observatoire basé à Genève a déclaré dans un rapport que l'imposition d'amendes financières aux prisonniers palestiniens est devenue une approche cohérente adoptée par la justice israélienne, de sorte qu'il n'y a guère de peine contre un prisonnier sans amende.

L'Observatoire a souligné que les amendes financières sont toujours élevées et doivent être payées dans une courte période de temps, ce qui entraîne une lourde charge financière pour les familles des détenus, notamment qu'en l'absence de paiement de ces amendes, il serait remplacé par une peine d'emprisonnement supplémentaire.

Selon un rapport publié par le Comité des affaires des prisonniers et des libérateurs de l'Organisation de libération de la Palestine, le montant total des amendes infligées par les autorités israéliennes aux prisonniers palestiniens mineurs a dépassé 700 mille shekels (environ 190 mille dollars américains).

Le rapport a souligné qu'au cours des trois dernières années la politique imposant de lourdes amendes aux prisonniers a augmenté, où l'amende a atteint l'an dernier un demi-million de shekels par prisonnier, notant qu'elle est souvent imposer au prisonnier pour avoir refusé les fouilles à nu ou pour avoir protesté contre les conditions de vie déplorables.

L'épouse du prisonnier Samih Aliawi de Naplouse au nord de la Cisjordanie, libéré il y a quelques jours, ne trouve aucune alternative sauf la vente de leur maison familiale, pour pouvoir payer l'amende d'un demi-million de shekels imposée par les autorités israéliennes à son mari après son arrestation il y a deux ans et demi.

Alawi a affirmé à l'équipe d'Euro-Med qu'au moment de l'arrestation de son mari, qui vendait de l'or, l'armée israélienne a confisqué tout l'or et l'argent qui étaient dans son magasin d'or ainsi que sa voiture.

Elle a aussi expliqué que le tribunal israélien a décidé le mois dernier d'arrêter son mari 33 mois en plus de l'amende requise, ce qui l'a poussé à demander au procureur général israélien de déduire la valeur de l'amende de l'or et des fonds confisqués, mais celui-ci a refusé.

De sa part, la famille d'Anan Fattouh a été contrainte de payer une amende d'un demi-million de shekels pour garantir la liberté de son fils et de ne pas prolonger sa détention.

Fattouh a déclaré à l'Observatoire Euro-Med qu'il a été arrêté à la mi-avril 2015 sur des accusations d'introduction de fonds à des fins illégales, quand une somme d'argent a été saisie en sa possession lors de son retour de Jordanie, afin de soigner un patient atteint de cancer.

Fattouh a été condamné à deux ans de prison et à une amende de 300 000 shekels, qui a été élevé ensuite à un demi-million de shekels quelques jours avant sa libération, après avoir purgé une peine de prison, signalant qu'à l'époque, il a été menacé d'emprisonnement pour deux autres années si la nouvelle amende n'est pas payée.

Il a souligné que sa famille a refusé de continuer son emprisonnement et a vendu un terrain qu'il possédait pour payer l'amende et obtenir le montant requis pour obtenir sa liberté, précisant qu'il a été soumis à la confiscation de tout l'or et de l'argent dans sa maison au moment de son arrestation, et que le tribunal israélien a refusé de lui rendre l'argent confisqué.

Ihsan Adel, le conseiller juridique de l'Observatoire Euro-Méditerranéen, a déclaré que la politique d'imposition des amendes israélienne n'excluait aucun prisonnier, y compris les prisonnières et les enfants, et constitue une guerre d'usure contre les prisonniers et leurs familles dans le but de limiter leurs moyens de subsistance.

Adil a déclaré que ces amendes constituent un cauchemar pour les familles des prisonniers et une source de pression et de perte financière à la lumière des conditions économiques difficiles subies par le peuple palestinien.

Adil a  prévenu que l'arrestation de prisonniers palestiniens est effectuée par des ordres militaires criminalisant tous les aspects de la vie palestinienne en violation des Conventions de Genève, et qu'ils sont également jugés devant des tribunaux militaires manquant d'indépendance et de la loi, et ils sont traités selon des règlements qui les classent comme des prisonniers de sécurité et les privent de leurs droits.

En plus de l'imposition de la politique des sanctions financières, l'Observatoire a fait référence à une série de mesures punitives imposées par l'administration pénitentiaire israélienne sur les prisonniers palestiniens, tels que les isoler pendant environ deux semaines, et les privés de visites sous prétexte de violation de ce qui est connu des listes de l'administration pénitentiaire, bien que le service pénitentiaire israélien n'ait pas traduit ces règlements et ne les font pas publié dans les sections afin que les prisonniers et les détenus soient sanctionnés en vertu des règles disciplinaires qu'ils n'ont pas vues, surtout qu'ils ne savent pas ce qui est permis et ce qui est interdit en vertu de cela.

En conséquence, l'Observatoire des Droits de l'Homme a appelé les hautes parties contractantes aux Conventions de Genève à la nécessité de contraindre la puissance occupante à respecter ses obligations en tant que puissance occupante et son application sur le territoire palestinien occupé et les prisonniers palestiniens, en particulier en ce qui concerne les droits des prisonniers et des détenus stipulés dans la troisième et la quatrième Convention de Genève.

L'Observatoire International des Droits de l'Homme a appelé l'Etat occupant à autoriser les comités d'enquête internationaux à pénétrer dans ses prisons, à examiner les conditions des prisonniers et à enquêter sérieusement sur les plaintes des prisonniers concernant leurs mauvaises conditions et les pratiques punitives auxquelles ils sont soumis.