Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a condamné l'attentat à la bombe des forces de la coalition arabe au Yémen, mené par l'Arabie Saoudite, contre le siège de sécurité dont 240 prisonniers, certains d'entre eux sont des civils, faisant environ 30 morts et 32 blessés, alors que 40 prisonniers sont toujours disparus. L'Observatoire a indiqué dans un communiqué de presse que des avions appartenant aux forces de la coalition arabe, qui mène une guerre contre les groupes dits "Houthi" au Yémen, ont ciblé la prison de la police militaire située dans la rue Marib dans la capitale yéménite Sanaa. 

   Tout en condamnant les forces Houthi pour avoir détenu des prisonniers dans des lieux militaires, ce qui suggère leur utilisation comme boucliers humains, les forces de la coalition sont également condamnées en ciblant les endroits où ils sont censés savoir qu'il y avait des civils à l'intérieur    

L'Observatoire a déclaré que la plupart des prisonniers, dans la prison ciblée, étaient des détenus politiques du groupe "Houthi", et étaient transférés auparavant de la prison centrale de Sanaa au quartier général de la soi-disant police militaire, qui a été ciblée.

Euro-Med a souligné, d'après des témoins oculaires, que les forces Houthistes ont tirés sur les prisonniers qui ont tentés de fuir au moment du bombardement, ce qui rend possible la mort de certains des disparus tandis que 71 prisonniers ont été transférés à la prison centrale de Sanaa. L'Observatoire a noté que les milices Houthis portent la responsabilité de placer des prisonniers, militaires et civils, dans des installations militaires.

Ces lieux sont utilisés pour détenir les opposants, avec la connaissance préalable que les forces de la coalition arabe ciblent en permanence le quartier général militaire, ce qui fait de cet acte "l'utilisation des prisonniers comme boucliers humains", ce qui représente une violation grave de la troisième et quatrième Conventions de Genève et peut constituer un crime de guerre.

L'Observatoire a souligné que le Droit International Humanitaire interdit l'utilisation des civils pour protéger certains points, zones ou forces militaires contre des attaques militaires, ou pour contraindre des civils à participer directement à des opérations militaires, surtout que les prisonniers - y compris les prisonniers militaires - sont protégés par le droit international humanitaire. Euro-Med a prévenu de la responsabilité des forces de la coalition de tenir compte de l'utilisation des forces Houthi des civils comme boucliers humains, ce qui rend la responsabilité de la coalition de ne pas cibler des zones où l'on croit que les civils sont présents, même s'ils étaient des zones militaires, tant que cela causerait des dommages disproportionnés aux civils, sans nécessité militaire absolue.

Ihsan Adel, le conseiller juridique de l'Observatoire a déclaré :"Tout en condamnant les forces Houthi pour avoir détenu des prisonniers dans des lieux militaires, ce qui suggère leur utilisation comme boucliers humains, les forces de la coalition sont également condamnées en ciblant les endroits où ils sont censés savoir qu'il y avait des civils à l'intérieur utilisés comme boucliers humains, où cela est arrivé plusieurs fois auparavant. "

Adel a ajouté: "Cet attentat est en fait illégal, cela peut constituer un crime de guerre dans une affaire délibérée, en particulier en tant que violation du principe de proportionnalité, qui est considéré comme l'un des principes fondamentaux du droit international humanitaire, et qui exige que les cibles militaires où il y a des civils innocents ne peuvent pas être attaquées, et si les dommages collatéraux incidents qui les affligent ne sont pas proportionnels à l'avantage militaire obtenu. "

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a appelé toutes les parties du conflit au Yémen à respecter les accords et les traités internationaux pour la protection des civils, à leur épargner le fléau de la guerre, à la nécessité de distinguer les civils et les militaires, à prendre les précautions nécessaires et d'accorder la plus haute priorité à la sécurité et à la liberté des civils et des prisonniers au Yémen. L'Observatoire a également appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à intervenir pour arrêter les crimes de guerre qui ont coûtés la vie à des dizaines de milliers de civils au Yémen et à activer le travail de la commission d'enquête mise en place au Yémen pour garantir que les responsables de tels crimes seront rapidement tenus responsables.