Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a dénoncé l'interdiction des autorités émiraties du voyage des femmes Tunisiennes sur un avion à destination de la Tunisie, vendredi dernier, affirmant qu'elle est considérée comme une discrimination flagrante et une violation des droits des femmes.  

   La résolution violait les droits de ces femmes tunisiennes et les discriminait non seulement sur la base de leur nationalité   

 

L'Observatoire International des Droits de l'Homme a déclaré que la portée de la décision des EAU,  incluait l'interdiction de toutes les femmes de nationalité tunisienne en direction de l'aéroport international de Dubaï depuis l'aéroport de Tunis Carthage, reposait sur une caractéristique discriminatoire.

Euro-Med a ajouté que ladite résolution violait les droits de ces femmes tunisiennes et les discriminait non seulement sur la base de leur nationalité, mais aussi sur la base de leur sexe, ce qui constitue une violation du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prévoit le droit de mouvement.

Selon l'Observatoire le Pacte international relatif aux droits civils et politiques stipule dans son premier article que les États ne doivent pas discriminer les droits - y compris le droit à la liberté de mouvement - que ça soit une discrimination fondée sur la race, le sexe, l'origine nationale ou sociale ou toute autre raison. D'autant plus que cet article de la loi représente une règle coutumière qui s'impose à tous les États.

Le ministère tunisien des Transports a annoncé vendredi dernier, que l'Emirates Airlines a interdit le voyage des Tunisiennes venant de l'aéroport de Tunis Carthage en direction de l'aéroport international de Dubaï via le vol EK748 d'Emirates Airlines, à l'exception des femmes tunisiennes vivant aux Emirats Arabes Unis, provoquant des dommages aux passagers et créant un état de turbulence à l'aéroport.

L'action sans précédent des EAU a déclenché la colère et le chaos devant le bureau de l'entreprise à l'aéroport international de Tunis Carthage, appelant à  l'intervention du ministère tunisien des affaires étrangères pour demander des clarifications à l'ambassade des EAU à Tunis.

L'interdiction aurait fait qu'un certain nombre de femmes tunisiennes restent bloquées pendant plusieurs heures dans un certain nombre de pays où elles ont été temporairement interdites de voyager sur les avions des EAU.

Le ministre d'État des affaires étrangères des Emirats Arabes Unis, Anwar Gargash, a justifié ensuite l'action sur Twitter  en disant qu'il s'agissait des informations de sécurité qui imposaient des mesures spécifiques et circonstancielles.

En revanche, le ministère tunisien des Transports a annoncé dimanche dans une brève déclaration, qu'il avait décidé de suspendre les vols des compagnies aériennes émiriennes en provenance et à destination de la Tunisie, jusqu'à ce que l'entreprise puisse trouver une solution appropriée pour exploiter ses vols conformément aux lois et aux traités internationaux, après la crise du voyage des Tunisiennes.

Euro-Med a appelé les EAU à enquêter sur les raisons de cette décision discriminatoire et à éviter les actes qui ciblent un genre ou une nationalité en particulier et à cesser de traiter les droits de l'homme comme antithèse des considérations de sécurité.