Genève- L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a déclaré que les autorités d'occupation israéliennes ont intensifié leurs pratiques d'apartheid dans les territoires palestiniens après la décision du président américain Donald Trump, qui considère Jérusalem comme capitale d'Israël.

Israël a également développé ses activités de colonisation, les plans d'annexion de la Cisjordanie et la fréquence élevée des arrestations contre les Palestiniens sous des ordres militaires discriminatoires auxquels sont soumis les Palestiniens, et non pas les Israéliens, vivant dans la même zone géographique.

Dans un communiqué de presse publié mercredi, Euro-Med a déclaré que les déclarations des responsables israéliens concernant l'expansion de la colonisation et le doublement du nombre des établissements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ont considérablement augmenté depuis la reconnaissance du président américain "Donald Trump" de la ville occupée de Jérusalem comme capitale d'Israël.

L'Observatoire a indiqué que le ministre israélien du logement et de la construction, "Yov Galant" avait annoncé, après seulement deux jours de la déclaration du président américain, l'intention du gouvernement israélien d'établir 6 000 nouvelles unités de colonisation à Jérusalem-Est, augmentant ainsi le nombre des unités à 63 000 unités, dans un pas considéré par l'observatoire comme le développement le plus grand et sérieux en deux décennies dans la construction des colonies.

Euro-Med a souligné que la nouvelle expansion des colonies se traduira par plus de politiques de séparation des quartiers palestiniens à Jérusalem, avec plus de 2 000 colons israéliens au cœur de ces quartiers, et qui sont militairement protégé par les forces israéliennes, ce qui a rendu les Palestiniens plus vulnérables et soumis aux attaques.

D'autre part, le contrôle israélien des quartiers palestiniens de Jérusalem-Est affectent négativement la prestation de services d'infrastructure et des moyens de transport pour les Palestiniens à l'intérieur, du fait que les autorités israéliennes sont responsables de la fourniture de ces services, en revanche ces services sont fournis aux colons israéliens malgré l'engagement des Palestiniens à payer des impôts. Dans le même contexte, Euro-Med a souligné que le nombre de cliniques des femmes et des enfants dans les quartiers palestiniens est quatre fois plus élevé que ceux disponibles dans les colonies israéliennes.

L'Observatoire a remis l'accent sur le rapport publié par la Commission Economique et Sociale des Nations Unies pour l'Asie Occidentale "ESCWA" et qui a été retiré plus tard, ce qui indique qu'Israël a imposé un système d'apartheid aux Palestiniens, révélant que les autorités israéliennes semblaient appliquer des pratiques racistes qui affecteraient la présence démographique des Palestiniens à Jérusalem-Est y compris son refus d'accorder des permis de construire aux Palestiniens, ce qui exposerait plus de 20 000 bâtiments au risque de démolition continue par la municipalité qui appartient au gouvernement israélien. Les autorités d'occupation menacent de révoquer la carte d'identité des habitants de Jérusalem-Est s'ils quittent la ville pour n'importe quelle raison, au cours des dernières années, cette politique a révoqué 14 595 cartes d'identité et de résidence des Palestiniens de Jérusalem.

Dans le même contexte, Euro-Med a documenté la vague d'arrestations à grande échelle des Palestiniens par les autorités israéliennes, suite aux manifestations qui ont éclaté dans les territoires palestiniens suite à la décision du président américain "Trump". À cet égard, l'Observatoire a affirmé que les forces d'occupation ont pris d'assaut les villes de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est plus de 278 fois depuis le 7 décembre 2017 jusqu'à présent, c'est directement dès le lendemain de la décision du président Trump que les incursions ont entraîné la détention de 601 Palestiniens, dont 414 de Cisjordanie dont 119 enfants et femmes, et 187 de Jérusalem-Est dont 45 femmes et enfants.

 La plupart de ces arrestations sont basées sur des ordres militaires et des lois militaires auxquels sont soumis les Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, tandis que les colons israéliens vivant dans les mêmes zones ne sont pas soumis à ces ordres. En vertu de cela, les Palestiniens sont privés de nombreux droits fondamentaux tels que le droit à l'expression pacifique et à la protestation ou la participation à des partis politiques, ces actes étant criminalisés seulement contre les Palestiniens sont passibles de 10 ans de prison.

Selon l'Observatoire International des Droits de l'Homme, la prison elle-même est soumise à des critères discriminatoires qui distinguent les prisonniers palestiniens et israéliens: où les Palestiniens sont classés comme "prisonniers de sécurité", sous cette classification les palestiniens sont privés de la plupart des droits accordés aux prisonniers non détenus comme des prisonniers de sécurité, tel que le droit aux visites conjugales, le droit de téléphoner et de ne pas bénéficier du système de libération anticipée, qui est souvent accordé aux autres détenus.

Euro-Med a marqué que ce système signifie que l'auteur israélien d'un meurtre reçoit des privilèges en prison supérieurs à ceux obtenus par un Palestinien reconnu coupable d'appartenance à un parti politique palestinien ou participant à une manifestation anti-occupation ou jetant des pierres, simplement parce qu'il est classé prisonnier de sécurité.

L'Observatoire a souligné que les pratiques racistes des autorités israéliennes dans les territoires palestiniens contreviennent aux dispositions du droit international et aux conventions internationales telles que la quatrième Convention de Genève et son Protocole I, qui interdisent la confiscation des biens des habitants des territoires occupés, et la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui définit la discrimination raciale comme toute distinction, exclusion, restriction ou élaboration visant ou empêchant la perturbation ou l'entrave à la reconnaissance, la jouissance ou l'exercice des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce qui est systématiquement pratiqué par Israël envers les Palestiniens.

L'Observatoire des Droits de l'Homme a confirmé que la communauté internationale doit faire pression sur les autorités israéliennes pour les contraindre à respecter les résolutions de l'ONU relatives à la ville de Jérusalem, y  compris les résolutions du Conseil de sécurité qui mettaient l'accent sur l'internationalisation de la ville, et l'illégalité des établissements des colonies, et d'arrêter les politiques racistes envers les Palestiniens.