Genève- L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a déclaré que les forces armées turques doivent respecter les règles du droit international humanitaire dans la conduite de l'opération militaire menée sur le territoire syrien, et doivent faire la distinction entre civils et combattants et de ne pas viser les civils ou les biens de caractère civil, signalant le devoir des forces turques de protéger les personnes handicapées ou incapables de se battre, et les traiter humainement.

L'Observatoire a averti des violations observées par l'opération militaire turque, notamment à la suite des vidéos et des photos postées sur les sites de réseaux sociaux exposant des violations dans la ville du nord d'Afrin, y compris la diffusion d'une vidéo montrant des hommes armés censés être soutenus par les troupes turques se vantant devant le corps d'une fille, en violation du caractère sacré des morts. Des analyses ont révélé que son corps a été mutilé après sa mort, alors que des sources locales ont déclaré que le corps appartenait à "Barin Kobani", une combattante dans les rangs des forces kurdes.

Euro-Med a également fait référence aux rapports des organisations syriennes locales qui ont rapporté l'assassinat de plus de 50 civils depuis le début de l'opération militaire turque à Afrin le 20 janvier, lors des frappes aériennes et de l'artillerie turques. Des images publiées sur Internet ont montré la destruction des raids turcs des parties anciennes et un ancien temple dans le district de Dara au sud de la ville d'Afrin.

L'Observatoire a indiqué que les forces turques prétendent neutraliser les civils des effets des combats, autant que possible, et de donner initiales considérations d'ordre humanitaire absolu, surtout à la lumière de la présence de dizaines de milliers de personnes déplacées dans la région Afrin, qui souffre d'un quasi total siège, ce qui a eu un impact sur les aspects humanitaires des secteurs de base qui ont récemment commencé à se détériorer.

Euro-Med a appelé les autorités turques à ouvrir une enquête urgente sur l'assassinat de la combattante kurde et la représentation de son corps, et pour déterminer l'étendue de la connaissance ou de la responsabilité des forces turques de l'incident et traduire les auteurs en justice, considérant que cette attaque représente un crime qui viole les règles du droit international humanitaire, de la convention et du droit coutumier, Qui ont confirmé le caractère sacré des cadavres. Euro-Med a souligné que la mutilation du corps représente une atteinte à la dignité personnelle, ce qui est interdit par le Statut de Rome régissant la Cour pénale internationale, notant aussi que les temples et les sites archéologiques doivent être protégés et non pas attaqués ou détruits.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a souligné la nécessité de surveiller les autorités turques des actions des groupes armés et des combattants appartenant aux factions syriennes pour se battre aux côtés des forces turques, et de veiller à ce que ces groupes respectent les règles de la guerre prévues par les Conventions de La Haye et de Genève, appelant à la nécessité d'épargner aux civils les hostilités en cours en Syrie et que les opérations des forces sont spécifiques à certains objectifs sans s'étendre à la population civile ou à des installations vitales sans nécessité militaire et sans recours à des armes indiscriminées.

Il est à noter que les forces turques avaient annoncé le 20 janvier le lancement d'une opération militaire de la ville d'Afrin à la frontière avec la Syrie pour ce qu'elle a qualifié d'élimination des terroristes, une opération qui appelle les forces à protéger le peuple kurde, qui est une extension des rebelles du PKK qui combattent la Turquie depuis des années, et que la Turquie considère comme une organisation terroriste.