La détention des femmes et des enfants irakiens dans les camps de personnes déplacées par les forces gouvernementales irakiennes et les forces de mobilisation populaire (al-Hashd al-shaabi, ou PMF) dans des conditions extrêmement pauvres est profondément alarmante, a souligné l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme.

Il est inacceptable de détenir ces personnes sur la base de simples allégations d'appartenance au groupe terroriste de l'Etat Islamique, a ajouté Euro-Med, soulignant que des dizaines de familles souffrent d'isolement, d'exploitation et de piégeage dans ces camps.

Les femmes et les enfants sont détenus dans des camps sans besoins élémentaires; c'est-à-dire l'eau, l'électricité, les médicaments, l'aide alimentaire, etc. Ils sont privés de leur droit de rentrer chez eux et leur vie est directement menacée, a déclaré Euro-Med.

Les femmes dans les huit camps de personnes déplacées sont exposées au risque d'exploitation sexuelle par des gardes armés et des miliciens travaillant dans les camps. Les femmes là-bas sont obligées d'avoir des rapports sexuels en échange d'argent ou d'une aide humanitaire, dont elles ont désespérément besoin pour leur survie et celle de leurs familles.

Les hommes de ces familles ont été tués, arbitrairement détenus ou forcés de disparaître quand l'organisation de l'État islamique était aux commandes, laissant ainsi les femmes comme seul soutien de famille.

Ces familles se sont systématiquement vu refuser l'accès aux permis de sécurités, documents et papiers nécessaires pour travailler et circuler librement. En outre, des violations ont été commises à leur encontre par les forces de sécurité et les autorités locales, ce qui fait de ces camps des «centres de détention de facto».

Depuis juin 2014, 5,8 millions d'Irakiens ont fui plusieurs gouvernorats irakiens, notamment Mossoul, Anbar, Diyala, Ninive, Salah aldin et Kirkouk, à la suite du contrôle exercé par l'organisation de l'État islamique sur ces gouvernorats. 3,2 millions d'entre eux sont retournés dans leurs zones, tandis que 2,6 millions de personnes déplacées restent encore dans des camps de personnes déplacées.

Malgré l'annonce par le gouvernement irakien en décembre 2017 de la fin des combats contre l'état islamique, les violations contre les Irakiens continuent néanmoins.

Les récents ordres émis par les autorités locales et tribales en Irak visant à empêcher les femmes et les enfants détenus dans les camps de déplacés de retourner dans leurs zones de déplacement sont profondément préoccupants, a déclaré Euro-Med, mettant en garde contre leur crise humanitaire exacerbée.

"Les autorités irakiennes devraient immédiatement cesser leurs pratiques systématiques et leurs violations contre les femmes et les enfants dans les camps de personnes déplacées. Au lieu de cela, ils devraient donner des ordres leur permettant de rentrer chez eux sans intimidation », a déclaré Yahya Ashraf, le chercheur  des affaires nord-africaines d'Euro-Med.

Ashraf a ajouté que les femmes et les enfants irakiens sont accusés d'être des affiliés à l'organisation de l'état islamique sans cadre juridique approprié à la lumière d'un système judiciaire irakien affaibli ainsi que de lois antiterroristes étendues, favorisant ainsi les abus sans la primauté du droit.

L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme appelle la communauté internationale à faire pression sur les autorités irakiennes pour qu'elles mettent fin à leurs violations constantes contre les personnes déplacées irakiennes et qu'elles respectent les droits de tous les Irakiens sans discrimination.