Genève - La répression sans précédent des autorités libanaises à l'encontre des activistes et des leaders d'opinion libanais doit cesser, prévient l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme, soulignant que plusieurs violations contre des militants d'opinion ont été documentées ces dernières semaines, y compris plusieurs convocations et arrestations.

   Plusieurs violations contre des militants d'opinion ont été documentées ces dernières semaines, y compris plusieurs convocations et arrestations.   


Les autorités libanaises ont été invitées dans un communiqué de presse mercredi à libérer les militants détenus sur fond d'exprimer leurs points de vue, affirmant que le bilan des droits de l'homme au Liban connaît un déclin marqué des libertés publiques et d'une manière alarmante.

L'équipe d'Euro-Med a suivi la convocation de l'activiste Elie Khouly ce mois-ci par le Bureau de la cybercriminalité. Il a été convoqué sur le fond d'un post Facebook critiquant la situation, et mettant en garde contre l'incapacité des personnes à satisfaire leurs besoins quotidiens de base en raison de «mauvaises politiques d'État».

Le 20 juillet 2018, le service d'information de la direction générale de la sécurité publique, Mohamed Awad, connu pour son opposition à la politique libanaise, a été arrêté après avoir confisqué son téléphone et son ordinateur personnel pour le contraindre à ne pas parler contre des personnalités publiques ou symboles religieux.

Le 24 janvier 2018, le procureur libanais accusait Hisham Haddad, un comédien, de diffamation, après avoir présenté une comédie satirique dans laquelle il mentionnait le Premier ministre libanais et le prince héritier.

Quatre jours plus tôt, la direction des renseignements de l'armée libanaise a détenu le militant Obada Yusuf pendant quatre jours, après avoir été convoqué pour interrogatoire sur sa publication Facebook, au sujet de hauts responsables politiques libanais.

Le 10 janvier 2018, la journaliste Haneen Ghadar a été condamnée par contumace à six mois d'emprisonnement à la suite d'une communication à son encontre sur la base de ses opinions exprimées lors d'un séminaire à Washington - où elle vit.

Le tribunal militaire libanais avait pris la décision et annulé le verdict contre la journaliste Ghadar suite à une objection de son agent au verdict.

Ces pratiques contre les activistes traduisent une escalade de la politique de répression et des restrictions exercées par les autorités libanaises depuis le début de l'année sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression.

L'article 13 de la Constitution libanaise, qui garantit: «La liberté d'exprimer son opinion oralement ou par écrit», tout en affirmant que les lois libanaises qui autorisent l'emprisonnement en réponse à des critiques contre des individus ou des responsables gouvernementaux sont des lois vagues qui se conformer aux obligations internationales du Liban.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, auquel le Liban est partie, stipule clairement à l'article 19 que: "Toute personne a le droit d'avoir des opinions sans ingérence. Chacun a droit à la liberté d'expression. "

 L'article 9 de la même convention stipule que: «Toute personne a droit à la liberté et à la sécurité de la personne. Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu. Nul ne peut être privé de sa liberté si ce n'est pour des motifs et conformément à la procédure établis par la loi. "

   Ces pratiques contre les activistes traduisent une escalade de la politique de répression et des restrictions exercées par les autorités libanaises depuis le début de l'année   


"Les autorités libanaises sont tenues, en vertu de ces conventions et du droit international coutumier, de ne pas commettre de violations qui dérogent aux droits des individus et de soumettre des rapports à la Commission des droits de l'homme de la Convention afin de mesurer l'étendue de son engagement envers la Convention, conformément à l'article 40.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme appelle les autorités libanaises à cesser de réprimer les militants et les opposants, à libérer tous les prisonniers d'opinion, pour autant qu'ils n'aient commis aucune violation de la loi.

Euro-Med appelle également les autorités libanaises à respecter le droit à l'opinion et à la liberté d'expression garanti par la Constitution libanaise, à créer un environnement démocratique respectueux de toutes les opinions et attitudes et à garantir le droit des citoyens à exprimer leurs opinions.