Genève - L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a déclaré que l’opération militaire lancée par l’armée syrienne contre l’opposition et les groupes islamistes dans la ville syrienne d’Idlib pourrait avoir des répercussions humanitaires graves et dévastatrices.

Idlib a une population d’environ 3 millions de personnes, dont 50% sont déplacées, et environ 1 000 000 d’enfants, ce qui suscite des inquiétudes quant à l'éventuelle perte de vies humaines, a ajouté Euro-Med.

   Toute opération militaire contre Idlib mènerait à des crimes de guerre par les différentes parties au conflit qui durait depuis près de huit ans.   


La nature de la répartition des groupes d'opposition armés dans la ville et sa surpopulation rend difficile de cibler un seul groupe armé sans provoquer de catastrophe humanitaire, a précisé Euro-Med.

Toutes les parties au conflit ont le devoir de respecter les règles du droit international humanitaire et d’épargner aux civils les conséquences des opérations militaires.

Les organismes internationaux sont tenus de protéger les civils, en particulier les enfants, contre les massacres ou les crimes de guerre, a affirmé Euro-Med, appelant notamment l’ONU et l’UNICEF à mobiliser un mouvement international  pour épargner aux enfants les conséquences de toute opération militaire.

L’armée syrienne a déjà pris pour cible la ville de Jisr al-Shughour, dans la campagne d’Idlib. Le mardi 4 août, lors d’une frappe aérienne, 13 civils ont été tués, dont six enfants.

Deux autres civils ont été tués par des tirs d'artillerie visant la banlieue sud d'Idlib, provoquant des dizaines de victimes et de blessés. Au cours des dernières 24 heures, au moins deux enfants ont été tués à la suite des frappes aériennes visant le village de Hbit.

La région a connu une vague de déplacement sans précédent causée par les combats. Le nombre estimé de personnes déplacées depuis le début du ciblage au début du mois est d'environ 30 000, en raison de la grave pénurie des services de secours d'urgence et à l'absence de besoins vitaux tels que logement temporaire, services de santé, eau et nourriture.

Ce qui rend la vie de ces personnes encore pire, c’est qu’ils ont déjà été déplacés auparavant.

En ce qui concerne la responsabilité internationale, les pays devraient accueillir les réfugiés fuyant le conflit, en plus de soutenir les pays voisins de la Syrie pour qu'ils puissent recevoir plus de réfugiés et mieux soutenir ceux qu'ils ont déjà.

Des témoignages ont également confirmé que les gardes-frontières turcs ont ouvert le feu sur des réfugiés syriens fuyant vers le territoire turc et en ont arrêté plusieurs, dont des familles entières, comme ce fut le cas pour la famille du réfugié Ahmed Mustafa, et celle d'Ahmed Muhammad, lors de leur tentative d'entrer dans le territoire turc en août.

"La protection des civils doit être une priorité absolue pour les pays influents en Syrie, notamment la Russie, l’Amérique, la Turquie et l’Iran," a déclaré Sarah Pritchett, la porte-parole d’Euro-Med, ajoutant qu’ils devraient permettre un règlement politique pour éviter davantage plus de victimes.

Pritchett s'est également inquiété du fait que toute opération militaire contre Idlib mènerait à des crimes de guerre par les différentes parties au conflit qui durait depuis près de huit ans.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme appelle les instances internationales, notamment les Nations Unies et ses agences, notamment l'UNICEF et le HCR, à travailler sur tous les scénarios possibles pour cibler la ville et ses environs et à élaborer des plans urgents pour répondre aux besoins humanitaires des personnes déplacées.