Genève - l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a averti contre la dissimulation du gouvernement syrien du sort de plus de 118 mille civils qui avaient été  arrêtés arbitrairement  par des forces gouvernementales, depuis mars 2011, affirmant que la dissimulation persistante des noms et du nombre de détenus par les services de sécurité gouvernementaux soulève des doutes concernant leur sort à la lumière des rapports confirmant les exécutions périodiques effectuées dans les prisons.
 

   Le régime syrien, en plus de la dissimulation du nombre et de la situation de ses détenus, viole clairement les traités internationaux, tels que l'article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques   

Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med


"Les forces gouvernementales syriennes - ainsi que leurs milices armées - exercent la détention arbitraire et la disparition forcée contre toute personne susceptible de s'opposer au régime dans le pays. Les détenus et les détenues sont arrêtés sans aucune base légale et sans prévenir leurs familles des circonstances et du lieu de leur détention, ils ne sont soumis à aucun procès, ce qui contredit directement les dispositions du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et d'autres instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme, le droit humanitaire et le droit pénal international." a déclaré Euro-Med.

"Des centaines de détenus meurent sous la torture ou à cause de la situation inhumaine dans les centres de détention, tels que la privation de nourriture, d'eau, de traitement et de médicaments, leurs corps sont ensuite incinérés ou enterré dans des charniers." ont témoigné d'anciens détenus dans des prisons syriennes.

Euro-Med a noté que les prisonniers incarcérés dans les prisons syriennes ne sont pas seulement des Syriens, où les forces gouvernementales ont arrêté arbitrairement environ 1 700 réfugiés palestiniens des camps situés dans divers gouvernorats syriens, dont plus de 500 d'entre eux ont été torturés à mort dans les prisons et les branches de sécurité et de renseignement au cours des sept dernières années.

"Le régime syrien, en plus de la dissimulation du nombre et de la situation de ses détenus, viole clairement les traités internationaux, tels que l'article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui affirme que toute personne a droit à la liberté et à la sécurité de sa personne." a déclaré Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med.

Elle a ajouté que les terribles violations commises par les services de sécurité du régime syrien étaient également contraires à l'article 9 de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui affirme l'inadmissibilité d'une arrestation, d'une détention ou d'un exil arbitraire, considérant que de telles pratiques constituent un crime contre l'humanité, nécessitant une pression internationale sur le régime pour l’obliger à révéler le sort des détenus ainsi que  la responsabilisation des personnes impliquées.

Dans le même contexte, Euro-Med a confirmé que la plupart des témoignages des détenus libérés des prisons syriennes de sécurité et de renseignement transmettaient une image choquante et terrifiante sur les conditions de détention et de la torture pratiquées à l'encontre des détenus. Les méthodes de torture comprenaient des coups avec des tuyaux en plastique et des cathodes, la torture à l'électricité, l'eau chaude, des brûlures de cigarettes, la privation du traitement, la nourriture, l'eau.

Des témoins affirment que les détenus sont détenus dans des zones très étroites, où 50 à 70 détenus sont incarcérés dans une cellule de neuf mètres carrés, en l'absence des conditions sanitaires et d'hygiène minimales et le manque de nourriture adéquate, comme est le cas à la prison de Sednaya, qui est à 70 km au nord de Damas.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a appelé les institutions internationales, en particulier les Nations Unies, à exercer de sérieuses pressions sur les pays et les parties prenantes en Syrie pour exhorter le gouvernement de Damas à révéler le sort de dizaines de milliers de civils disparus de force et à libérer immédiatement des milliers d'autres personnes incarcérées. Euro-Med a également appelé le gouvernement syrien à informer les institutions humanitaires internationales et la Croix-Rouge des conditions de détention des détenus dans les prisons et les centres de détention des services de sécurité.