Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen a condamné l'exécution de neuf jeunes égyptiens condamnés sur la base d'aveux extorqués sous la torture, qualifiant cet incident d'un "crime contre l'humanité".

   La torture dans les prisons et les centres de détention égyptiens est devenue systématique contre tous ceux qui s'opposent à la politique gouvernementale en Égypte   

Sarah Pritchett, la porte-parole d’Euro-Med

 

Les autorités égyptiennes ont exécuté, mercredi matin, le 20 février, la peine de mort contre neuf jeunes accusés de l'assassinat du procureur général égyptien, Hisham Barakat, le 29 juin 2015.

Les témoignages et les vidéos des procès des neuf jeunes avant l'approbation de leur condamnation à mort suggèrent fortement que leurs aveux ont été extorqués après des interrogatoires dans des conditions inhumaines et qu'ils ont été soumis à la torture, à l'électrocution, à de graves passages à tabac et à la privation de sommeil, de nourriture et de soins médicaux.

L'acte des autorités judiciaires égyptiennes témoigne de l'effondrement du système judiciaire et des droits de l'homme en Égypte, a déclaré Euro-Med Monitor, ajoutant que le pouvoir judiciaire en Égypte était devenu un moyen d'éliminer efficacement les opposants politiques et de faire taire les dissensions contre le président Abdel Fattah Al-Sisi.

La peine de mort a été prononcée sur la base d'aveux extorqués sous la torture et a été incluse comme élément clé du verdict, ce qui indique clairement la politisation et l'utilisation systématique de crimes contre l'humanité dans le cadre des nombreuses violations perpétrées par le système politique au pouvoir.

L’exécution de ces neuf citoyens égyptiens est un crime qui s'ajoute à une série de violations graves des droits de l’homme commises par les autorités égyptiennes contre leurs opposants, a déclaré Sarah Pritchett, la porte-parole d’Euro-Med. Les autorités égyptiennes, présidées par Sisi, ont recours à la justice pour régler leurs comptes avec tout parti d'opposition, a ajouté Pritchett. Il s'agit d'une claire violation du droit international humanitaire, qui prévoit explicitement le droit d'une personne à un procès équitable.

"La torture dans les prisons et les centres de détention égyptiens est devenue systématique contre tous ceux qui s'opposent à la politique gouvernementale en Égypte, et ce n'est pas la première fois que les autorités égyptiennes commettent un tel crime contre leurs citoyens, car elles ont précédemment exécuté 15 autres le 6 décembre ".

Il existe un manque flagrant d’intégrité dans les procédures judiciaires, ainsi que l'absence des garanties d'un procès équitable, ce qui permet à un tribunal indépendant et impartial d’examiner l’affaire.

La mise en œuvre de ces exécutions, malgré les appels de plusieurs organisations internationales de défense des droits humains à renoncer à ces exécutions, est une tache noire dans l'histoire du système judiciaire égyptien et un coup porté à tout sens de l'humanité et de la justice, a déclaré Pritchett.

La communauté internationale doit intervenir pour faire pression sur les autorités égyptiennes afin qu'elles cessent immédiatement toute exécution ultérieure et réexaminent les dispositions similaires adoptées par les autorités judiciaires à l'encontre de citoyens égyptiens et pour neutraliser le pouvoir judiciaire en Egypte contre l'exploitation politique en faveur des autorités au pouvoir.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme appelle les services de sécurité égyptiens à mettre fin aux pratiques de torture et aux crimes de disparition forcée à l’encontre des dissidents, soulignant que les actes commis par les autorités égyptiennes constituent une grave violation du droit international humanitaire.