Genève – L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a exhorté samedi matin les autorités algériennes à respecter le droit des manifestants algériens de manifester et de se rassembler pacifiquement, appelant lesdites autorités à éviter l'utilisation de la force et à respecter les droits humains et le droit des manifestants à la liberté d'expression.

 

   Les autorités algériennes devraient permettre aux manifestants d’exercer leur droit de manifester pacifiquement, sans menaces, arrestations ni harcèlement   

Sarah Pritchett, la porte-parole d’Euro-Med

Des centaines de manifestants algériens ont manifesté vendredi dans plusieurs villes, dont la capitale, Alger, pour protester contre la candidature de l'actuel président pour un cinquième mandat aux élections présidentielles d'avril 2019.

Des membres des forces de sécurité algériennes et de la police anti-émeute ont été déployés près du centre de la capitale le 1er mai dans le but de contrecarrer un rassemblement qui devait être organisé dans cette ville.

Les autorités algériennes devraient permettre aux manifestants d’exercer leur droit de manifester pacifiquement, a déclaré Sarah Pritchett, la porte-parole d’Euro-Med, sans menaces, arrestations ni harcèlement, appelant les autorités à faire preuve de la plus grande retenue possible, et à  respecter les normes internationales lorsqu’ils traitent avec les manifestants.

La Constitution algérienne de 2016 garantissait la liberté de manifestation pacifique des citoyens, mais elle réglemente sa pratique par une loi de 2001 interdisant toute manifestation de réunion pacifique sous prétexte de maintenir l'ordre public, en violation de l'article 20 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et de l'article 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantissent le droit de réunion pacifique et soulignent le devoir de l'État de sauvegarder et de protéger ce droit.

Pritchett a appelé les autorités algériennes à ne pas recourir à la violence contre les manifestants et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger et préserver leur droit de réunion pacifique, notamment en ne limitant pas ce droit à des mesures arbitraires. Pritchett a également appelé les autorités algériennes à abroger la loi adoptée en 2001 et a souligné la nécessité d'harmoniser la législation nationale avec les normes internationales en matière de liberté de réunion et de manifestation pacifique.