Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme est profondément préoccupé par l'opération militaire lancée par les forces spéciales du général à la retraite Khalifa Haftar visant à prendre le contrôle de plusieurs zones dans l'ouest du pays, y compris la capitale, Tripoli, et a appelé les acteurs internationaux sur l’arène libyenne à faire pression sur le général Haftar pour qu'il retire ses forces en faveur du dialogue plutôt que d'une solution militaire.
 

   La communauté Internationale est confrontée à un véritable test pour obliger les parties belligérantes à remettre les choses sur les rails   

 

Le 4 avril, des centaines de véhicules militaires et des milliers de militants de Haftar ont été acheminés vers la capitale Tripoli, où de violents affrontements ont éclaté dans plusieurs zones proches de la capitale avec le gouvernement internationalement reconnu des forces de réconciliation nationale, faisant des dizaines de morts et de blessés des deux parties, a déclaré Euro-Med.

Euro-Med a rapporté qu'une femme et sa fille avaient été tuées quand une roquette avait frappé leur maison dans la région de «Qasr bin Ghashir» au sud de Tripoli, et a documenté la mort du docteur Ayman Haramana avec deux balles à la suite des affrontements qui se poursuivent dans la région de wadi alrabie au sud de la capitale.

Euro-Med a ajouté que son équipe de terrain avait documenté tôt dimanche 7 avril le ciblage des forces "Haftar" dans les zones résidentielles du sud de Tripoli, en particulier les zones de "Salah al-Din" et "Khallet Alforjan" par des roquettes aveugles, ce qui a poussé des dizaines de familles à s'installer dans des zones plus sûres au centre de la capitale.

Selon le ministère de la Santé du gouvernement de réconciliation nationale (le 7 avril), 7 civils ont été tués et 55 autres ont été blessés, et des dizaines de maisons ont été endommagées à la suite des affrontements et des tirs de roquettes depuis l'attaque de la capitale Tripoli le 4 avril.

Les affrontements armés ont éclaté à un moment où le Secrétaire général de l'ONU se rendait dans la capitale libyenne, où il s'est entretenu avec le chef du gouvernement de réconciliation nationale "Fayez Al-Sarraj" pour discuter des préparatifs de la grande réunion nationale qui devait se tenir à la mi-avril à Ghadames dans le but de trouver une formule d’entente entre toutes les parties libyennes, a déclaré l'Observatoire Euro-Med basé à Genève.

Euro-Med s'est référée à la déclaration des sept principaux pays industrialisés, qui a appelé toutes les parties à mettre fin aux actions qui exacerberaient le conflit dans le pays, appelant le groupe des grandes puissances à user de leur influence pour faire cesser immédiatement les actions militaires en Libye.

Sarah Pritchett, la porte-parole d'Euro-Med, a déclaré que toutes les parties devraient opter pour le dialogue, un cessez-le-feu immédiat et le retrait de toutes les unités militaires dans les zones d'ancienne concentration.

La communauté Internationale est confrontée à un véritable test pour obliger les parties belligérantes à remettre les choses sur les rails, à dialoguer, à éviter l'utilisation de l'option militaire et à sauver le pays de la guerre civile, a ajouté Pritchett.

Euro-Med a souligné la nécessité d'adhérer aux forces Haftar à l'appel lancé par le Conseil de sécurité le 6 avril pour discuter de l'évolution de la situation en Libye, en vue de mettre fin aux mouvements militaires qui menacent la stabilité et les perspectives de la médiation des Nations Unies en Libye et la solution politique globale à la crise.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen a appelé les parties au conflit à épargner aux civils et à leurs biens le fléau du conflit, à se conformer aux règles du droit International Humanitaire et aux Conventions de Genève, et a exprimé sa préoccupation que les civils paieraient le prix du conflit dans une impasse pour parvenir à une solution.

Euro-Med a appelé la mission des Nations Unies et la communauté internationale à intervenir de toute urgence afin d'empêcher l'élargissement du cercle de combat et de prendre les mesures nécessaires et urgentes pour punir les personnes impliquées dans les violations des droits de l'Homme qui accompagnent les opérations militaires dans différentes régions libyennes.