La bande de Gaza est assiégée par Israël depuis 13 ans et la récente escalade contre la bande de Gaza, du vendredi 3 au dimanche 5 mai 2019, a coûté la vie à 32 Palestiniens. La majorité d’entre eux sont des victimes civiles, dont deux femmes et deux enfants. En outre, près de 100 Palestiniens ont été blessés lors du bombardement israélien de la bande de Gaza. En même temps, seuls quatre Israéliens auraient été tués par des projectiles palestiniens tirés depuis l’enclave côtière lors de l’escalade en réponse au meurtre délibéré d’un manifestant palestinien à la frontière de Gaza avec Israël.

Cette escalade a pris fin dans la nuit du 5 au 6 mai lorsque les parties ont accepté un cessez-le-feu grâce à l’arbitrage de l’Égypte.

L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme est profondément préoccupé par le fait que cette récente escalade de la violence a affecté de manière disproportionnée les civils. Les attaques israéliennes ont touché et détruit les installations palestiniennes, y compris les bâtiments résidentiels et commerciaux, qui abritent des institutions internationales et palestiniennes comme le bureau de l’Agence turque Anadolu et de la Société turque Yardim el.

Les forces israéliennes ont ciblé des bâtiments résidentiels à Gaza, tels que les bâtiments de Qtifan, Romoz et Khozindar ainsi que le bâtiment n ° 12 dans la ville de Sheikh Zayed, faisant des dizaines de familles sans abri. Les FOI ont également ciblé des terres vides adjacentes aux établissements d’enseignement, comme l’Université de Palestine et l’Université Al-Azhar dans la zone moyenne de la bande de Gaza.

Euro-Med est profondément préoccupé par ces événements qui ne font qu'aggraver la vie des Palestiniens dans la bande de Gaza et violent plusieurs lois internationales relatives au droit international humanitaire et relatif aux droits de l'Homme. Euro-Med tient l'autorité occupante israélienne pour responsable de la vie des civils palestiniens, conformément aux règles du droit international.

Premièrement, la destruction de biens civils est illégale en vertu du droit humanitaire si elle n’est pas justifiée par une nécessité militaire, comme le stipule l’article 147 de la quatrième Convention de Genève de 1949. L’interdiction de détruire des biens est inscrite à l’article 25 du Règlement de la Haye de 1907 sur les lois et les coutumes de la guerre sur le territoire interdisant « l’attaque ou le bombardement de villes, de villages, d’habitations et de bâtiments non protégés », et l’article 53 de la quatrième Convention de Genève de 1949 stipulant que "la Puissance occupante ne doit détruire aucune propriété privée, à moins que les hostilités n’exigent inévitablement une telle destruction". De plus, il constitue un crime de guerre aux termes de l’article 8.2 b.2 du Statut de la Cour pénale internationale.

Deuxièmement, les attaques sont contraires au principe de nécessité et à l’article 52 (3) du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949, qui établissait que, en cas de doute quant à l’utilisation normale d’un lieu à des fins civiles, il serait utilisé pour apporter une contribution efficace à l’action militaire, il est supposé qu’il n’est pas utilisé pour prouver le contraire. L’article 57 stipule que « toutes les précautions possibles doivent être prises au moment de choisir les méthodes d’attaque afin d’éviter de causer des pertes », notamment en donnant « un avertissement préalable et des moyens réalisables en cas d’attaques qui pourraient toucher la population civile ». Par conséquent, la destruction des biens est illégale si elle n’est pas proportionnée aux avantages militaires qu’elle procure et aux dommages qui peuvent en résulter.

Euro-Med souligne que les autorités israéliennes ont délibérément ciblé des objets civils dans la bande de Gaza depuis le samedi 4 mai 2019, bien au-delà de la nécessité militaire et enfreignent donc le droit international.

Euro-Med exprime sa ferme condamnation de l’agression brutale sur la bande de Gaza, et appelle tous les organismes concernés des Nations Unies à exercer des pressions pour forcer Israël à respecter le droit international.

Euro-Med appelle les parties au conflit à respecter les Conventions de Genève de 1949, qui seront respectées dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et dans les autres territoires arabes occupés par Israël depuis 1967, comme le rappelle la résolution A/72/448 de l’Assemblée générale des Nations Unies du 7 décembre 2017.

Euro-Med appelle les parties au conflit et tous les courtiers impliqués à prendre des mesures pour mettre fin au siège de Gaza et aux restrictions israéliennes imposées au peuple de Gaza, qui ont rendu leur vie insupportable, et d’améliorer les conditions de vie à Gaza sans conditions. Euro-Med rappelle, comme l’indiquent les études des Nations Unies, que Gaza ne serait plus viable d’ici 2020. Par conséquent, aujourd’hui plus que jamais, Gaza a besoin de calme et de sécurité et Israël devrait mettre fin au siège de Gaza et permettre aux Palestiniens de mener une vie normale.

Euro-Med appelle à la fin de l’agression militaire contre la bande de Gaza et condamne de tels actes, qui constituent une violation flagrante des droits de l’Homme et du droit international humanitaire.

Euro-Med appelle à la responsabilisation et à l’ouverture d’enquêtes sur les assassinats illégaux de civils par les militaires israéliens.

Euro-Med estime que tant qu'Israël occupera les territoires palestiniens et imposera un siège sur la bande de Gaza, l'éventualité d'un nouveau conflit dans la bande de Gaza restera toujours élevée et le cycle de la violence reprendra.