L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme  se déclare préoccupé par  la décision du Parlement suédois de renouveler les lois restrictives en matière d’immigration afin de limiter le nombre de réfugiés demandeurs d’asile.  Le Parlement suédois a renouvelé mardi 18 juin 2019 les lois sur l’immigration initialement mises en place en 2015 afin de limiter l’afflux de demandeurs d’asile après la crise des réfugiés pour deux années supplémentaires.

Le seul changement positif qui a résulté du vote de mardi - recommandé par Euro-Med - est la levée de certaines restrictions à la réunification familiale qui facilitera la tâche des familles proches de réfugiés déjà en Suède.

En 2015, en réponse au nombre croissant de réfugiés demandant l'asile en Suède, le gouvernement suédois a resserré les contrôles aux frontières et a rendu de plus en plus difficile la demande d'un permis de séjour ou la réunification avec des membres de la famille déjà en Suède. Ces changements ne devaient durer que deux ans, du 20 juillet 2016 au 31 juillet 2019, mais le vote de mardi signifie qu’ils s’appliqueront désormais jusqu’en juillet 2021.

Avant 2015, la Suède était l'un des pays les plus accueillants pour les réfugiés et les migrants. En mettant en œuvre puis en élargissant ces restrictions, le gouvernement suédois a rendu de plus en plus difficile l'obtention d'un permis de séjour pour les demandeurs d'asile. Les demandes d’asile acceptées ont considérablement diminué en termes absolus et proportionnels depuis 2016. Sur les quelque 35 500 personnes qui ont reçu une décision de l’Agence suédoise des migrations en 2018, seules 32%, soit 11 000 personnes, ont obtenu l’asile. Il s'agit d'une baisse marquée par rapport à 2017, où 41% des demandeurs (27 000) ont été accueillis, ou à 2016, où 67 000 personnes sur 112 000 ont demandé l'asile, soit 60% des demandeurs.

Les permis sont maintenant beaucoup plus difficiles à obtenir, généralement après de longues périodes d'attente, et l'Agence suédoise des migrations n'accorde généralement des permis de séjour temporaires qu'aux demandeurs d'asile d'une durée allant de un à trois ans, plutôt que des permis de séjour permanents. Même lorsque cette loi était censée être temporaire, elle a été largement critiquée par de nombreuses organisations internationales et non gouvernementales, notamment par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), la Croix-Rouge et Amnesty International.

Après l’adoption de ces restrictions qui ont rendu le processus d’asile encore plus compliqué, l’Institut suédois (SI) – qui est un organisme gouvernemental chargé de diffuser l’information sur la Suède – a déclaré que « En bref, la Suède est passée des lois d’asile les plus généreuses de l’UE à l’adoption du niveau minimum de l’UE », ce qui est signifié par la diminution spectaculaire du nombre de demandeurs d’asile. SI ajoute que « les changements de politique de la Suède sont en partie dus au fait que la plupart des autres pays de l’UE n’ont pas reçu leur part de réfugiés convenue », comme la Hongrie, le Danemark, la République tchèque et d’autres, qui, dans certains cas, ont même refusé d’accueillir des réfugiés sur leur territoire.

Euro-Med tient à rappeler à tous les gouvernements que les réfugiés et les migrants fuient leur pays en raison de la guerre ou de la crainte de persécution. Le voyage est long, fatigant et ponctué de graves dangers. De nombreux réfugiés ont perdu des membres de leur famille en chemin, tandis que de nombreux enfants voyagent seuls sans soutien ni protection.

Euro-Med croit fermement que l’octroi de la résidence permanente aux réfugiés et aux migrants signifie qu’ils peuvent participer activement à la vie d’un pays en travaillant, en fréquentant l’école ou parfois en votant. Ils doivent se sentir intégrés pour devenir des membres actifs de la société.Cela peut devenir impossible s'ils ne peuvent pas compter sur le renouvellement de leur permis de résidence, car ils seront incapables de planifie  l’avenir dans une telle situation.

Euro-Med appelle le gouvernement suédois à donner l’exemple à d’autres pays européens, comme il l'avait fait avant 2015, au lieu d’abaisser leurs normes éthiques, à lever ces restrictions et à faciliter la demande de résidence permanente des demandeurs d’asile et des réfugiés