Dans le cadre de son travail visant à assurer le respect des droits de l’Homme en Europe et au Moyen-Orient, l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme estime que le programme de l’atelier de Bahreïn  intitulé "Paix à prospérité" allait à l'encontre des objectifs d’assurer la dignité du peuple palestinien et ne réponde pas à leurs exigences garanties par les résolutions des Nations Unies.

L’atelier de Bahreïn a pour objectif d’examiner la possibilité d’investir 50 milliards de dollars sur 10 ans en Palestine, en Jordanie, au Liban et en Égypte sous forme de prêts et de subventions pour contribuer à résoudre le conflit israélo-palestinien, sans aborder les problèmes fondamentaux du conflit.

L’Atelier de Bahreïn tenu aujourd’hui - et son agenda économique non politique en matière de conflit politique - soulève un certain nombre de questions et de préoccupations, parmi lesquels:

1- L’assistance économique ne doit pas substituer à la nécessité de mettre fin aux principaux dilemmes politiques et juridiques qui perpétuent l’aggravation constante de la situation dans le territoire palestinien occupé.

2-La puissance occupante est responsable du bien-être économique inconditionnel du peuple occupé, sans aucun compromis.

3- Toute tentative visant à forcer les Palestiniens à échanger leurs droits fondamentaux contre leur bien-être économique constitue une violation du Droit International.

4-Il est paradoxal pour les États-Unis de réduire le financement par l’USAID ou l’UNRWA de services et programmes essentiels dans le territoire palestinien occupé, puis de demander aux autres de fournir du financement.

5- L’atelier de Bahreïn élimine complètement la question des réfugiés palestiniens de son agenda et cherche à fournir d'importantes sommes de financement aux pays essentiellement impliqués dans des violations importantes des droits des réfugiés sur ses territoires.

6- Il est profondément préoccupant qu'une partie du financement proposé serve à soutenir les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne, qui ont été impliquées à plusieurs reprises dans des violations des droits de l'Homme commises à l'encontre du peuple palestinien.

7- L’occupation israélienne et ses politiques discriminatoires dans les territoires palestiniens occupés créent une incertitude et une imprévisibilité importantes qui découragent tout investissement potentiel et perturbent de manière critique la continuité des investissements existants. En outre, l’occupation israélienne en cours signifie que les autorités israéliennes rejettent tout projet promis dans les Territoires palestiniens occupés et refusent de lui accorder les autorisations nécessaires sans aucune justification. 

8- Sans la fin de l'occupation israélienne et des violations systématiques des droits des Palestiniens, tout investissement dans des projets ou des installations demeurera en grande partie exposés à la destruction, confiscation, vol ou utilisation abusive par les autorités israéliennes. Par exemple, dans un rapport de 2016 intitulé "Aide gaspillée", Euro-Med a estimé que les coûts des dommages causés aux projets financés par l’UE par suite de la démolition ou de la confiscation d’Israël s’élevaient à plus de 65 millions de dollars.

9-Les restrictions imposées à la circulation par Israël dans les territoires palestiniens occupés ne peuvent pas être résolues par une assistance technique ou logistique tant que les autorités israéliennes poursuivront leur politique de punition collective.

10- Un développement durable et une économie florissante ne peuvent être réalisés que dans un État palestinien indépendant et souverain. Les solutions humanitaires et économiques ne peuvent résoudre un problème politique, mais des solutions politiques mettraient fin à la nécessité d’une intervention humanitaire.