Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a condamné la répression des manifestants pacifiques dans différentes parties du pays, effectuée par les forces de sécurité soudanaises, en particulier les Forces d'appui rapide, en utilisant des balles réelles ce qui a augmenté le nombre de morts et de blessés lors des manifestations organisées depuis décembre dernier contre le régime au pouvoir.

Euro-Med a déclaré dans un communiqué de presse mardi qu’il avait documenté le meurtre de 10 manifestants et des centaines de blessés alors que les forces de sécurité dispersaient des manifestations pacifiques où des dizaines de milliers de Soudanais ont pris part pour demander au conseil militaire de remettre le pouvoir aux civils.

L'Observatoire des Droits de l'Homme a déclaré que l'escalade du discours agressif du Conseil militaire contre les manifestants et les menaces de les cibler et de les arrêter, révèle la réticence de l’autorité dirigeante à mettre fin à la répression et à utiliser des solutions de sécurité pour répondre aux exigences des manifestants.

Des sources médicales soudanaises ont retrouvé trois corps couverts de sang hier matin à Omdurman, près de Khartoum, tandis que sept personnes ont été tuées et des centaines d'autres blessées lors des manifestations du même jour.

Selon la Commission médicale soudanaise, le nombre de morts est passé à 133 depuis la manifestation sanglante devant le commandement général de l’armée, le quartier général militaire, le 3 juin, au cours de laquelle près de 100 ont été tués.

Le mouvement de protestation populaire au Soudan continue en maintenant sa capacité à se mobiliser malgré le déploiement de la sécurité lourde et la perturbation d'Internet sur les téléphones mobiles pendant près d’un mois.

Euro-Med a mis en garde contre l’escalade des violations des droits de l’Homme au Soudan, telle que la prise d’assaut des institutions civiles et des camps par les forces militaires. Plus récemment, les forces militaires ont pris d’assaut le siège de l’Association des professionnels soudanais et ont empêché ses membres de tenir une conférence de presse, ce qui constitue une répression claire de la liberté d'opinion et d'expression.

 

    la répression des manifestants en utilisant des balles réelles et la perquisition du siège des institutions civiles est une violation claire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme de Décembre 1948   

Selin Yasar, responsable de la communication et des médias à Euro

Qui insiste sur le droit des individus à une assemblée et à une organisation pacifiques. Elle a également souligné qu’il s’agit d’un droit fondamental qui ne doit être violé qu’en conformité avec la loi, tel que le rassemblement pour commettre un crime ou perturber la sécurité publique.

Yasar a ajouté que les rassemblements pacifiques au Soudan n’ont pas dépassé le cadre légal où des milliers de civils se sont rassemblés pour revendiquer leurs droits politiques et dénoncer pacifiquement la répression des forces de sécurité soudanaises et le ciblage de civils des manifestants avec des balles réelles.

 

Elle a souligné que la Constitution de transition soudanaise de 2005 garantit pleinement les droits des individus, dans la mesure où un certain nombre d'articles ont été attribués pour protéger les individus et promouvoir leurs libertés. Yasar a souligné l'article 40 de la constitution qui stipule que "le droit de réunion pacifique est garanti; toute personne a le droit de s'associer librement avec d'autres, y compris le droit de former ou d’adhérer à des partis politiques, des associations et des syndicats ou des associations professionnelles pour la protection de ses intérêts ".

L'article 2 de la constitution soudanaise stipule clairement que "la souveraineté de la nation appartient à son peuple". Par conséquent, tous les actes de violence contre des civils exigeant le changement de système politique - du Conseil militaire aux candidats civils élus démocratiquement - sont condamnés conformément à la Constitution soudanaise et à la Déclaration universelle des droits de l'Homme.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a appelé toutes les parties soudanaises à trouver une solution politique pour assurer l’effusion de sang et la protection des civils dans le pays, garantir leur liberté d’exprimer leurs opinions et de revendiquer leurs droits pacifiquement sans être soumis à aucune violation.