Genève - l'Observatoire Euro-méditerranéen des Droits de l'Homme et l'Organisation HUMENA des Droits de l'Homme et de Participation Civile ont déclaré mardi que l'abolition des peines de prison imposées par le parlement égyptien par une loi régissant les activités des ONG n'est qu'un pas en vue de remettre en vigueur la répression dans le plus grand pays arabe en termes de population.

 

   Au moins 31 membres du personnel d'organisations non gouvernementales ont fait l'objet d'une interdiction de voyager et les autorités ont gelé les avoirs de 10 personnes et de sept ONG dans le cadre d'une enquête criminelle en cours sur le financement étranger des organisations non gouvernementales   

 

L'Observatoire Euro-méditerranéen et l'Organisation HUMENA ont affirmé dans une déclaration commune que "le nouveau projet" n'est rien qu'une remise en vigueur de la loi répressive  qui reflète la philosophie hostile des organisations de la société civile et n'est pas conforme à la constitution ou aux engagements internationaux de l'Égypte.

"Depuis l'arrivée au pouvoir du Président en exercice Abdel Fattah Al-Sisi, les autorités égyptiennes tentent de normaliser les violations des droits de l'Homme en promulguant une série de lois légitimant la campagne de répression croissante contre la liberté d'expression et la formation ou l'adhésion aux associations." ont confirmé Euro-MED et HUMENA

La loi modifiée a été promulguée en 2017, limitant l'activité des ONG au développement et à l'action sociale et imposant des sanctions aux contrevenants allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement.

La nouvelle loi, qui a été adoptée à une très grande majorité par le Parlement lundi, annule la peine de prison et prévoit des amendes allant de 200 000 à un million de livres égyptiennes (12070-60350 dollars).

Les amendements, qui doivent être ratifiés par le Président Abdelfattah Al-Sisi, permettent aussi aux organisations non gouvernementales de recevoir des fonds de l'intérieur et de l'extérieur de l'Égypte, à condition qu'ils soient déposés sur un compte bancaire dans un délai de 30 jours.

"Au moins 31 membres du personnel d'organisations non gouvernementales ont fait l'objet d'une interdiction de voyager et les autorités ont gelé les avoirs de 10 personnes et de sept ONG dans le cadre d'une enquête criminelle en cours sur le financement étranger des organisations non gouvernementales." ont souligné Euro-Med et HUMENA.

En 2013, 43 personnes, dont des Américains, des Européens, des Égyptiens et d'autres Arabes, ont été condamnées à des peines de prison pour avoir dirigé des ONG sans obtenir les autorisations nécessaires, où la plupart  ont été acquittés l'an dernier.

Dans ce contexte, les deux organisations ont appelé la communauté internationale à cesser de garder le silence sur la répression de la société civile exercée par les autorités égyptiennes, l’échec de toute tentative de l’opposition, l’emprisonnement des détracteurs et des opposants pacifiques confrontés à la torture et aux traitements cruels, inhumains.

Les deux organisations ont également exhorté les pays qui avaient formulé des recommandations sur les droits de l'Homme en Égypte lors du dernier examen de son registre devant les Nations Unies à pour mettre fin à cette détérioration catastrophique des droits de l’Homme.

Euro-Med et HUMENA ont confirmé la nécessité de neutraliser le pouvoir judiciaire égyptien de l'exploitation politique en faveur des instances dirigeantes afin de liquider ses opposants, notant que les organisations caritatives jouent un rôle important dans la fourniture de nourriture, de vêtements, de soins de santé et d'éducation dans un pays où des millions vivent avec moins de deux dollars par jour.