Genève- L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme exprime sa profonde préoccupation face à l’augmentation des mesures visant à interdire les missions de sauvetage des migrants en Méditerranée.

Euro-Med note que le sauvetage des migrants ne constitue pas un crime et constitue essentiellement une application des principes du droit international maritime, du droit international humanitaire et du droit maritime, qui rendent obligatoire l'assistance aux personnes en danger, et en cas de décès. Cependant, Euro-Med note qu'il existe encore des pays européens qui bloquent l'accostage de navires transportant des migrants sauvés dans leurs ports, tels que l'Italie et l'Espagne.

Selon les médias, une lettre signée par le chef de la marine marchande espagnole aurait menacé l’ONG espagnole Open Arms d’une amende pouvant aller jusqu’à 900 000 euros au cas où elle porte secours à un migrant se noyant en Méditerranée. La lettre avertit que les opérations de recherche et de sauvetage ne doivent être effectuées que si elles sont approuvées par les autorités responsables de la région de recherche et de sauvetage (Italie et Malte).

Euro-Med s'inquiète également de la façon dont les pays de l'UE tentent de manipuler et de décrire les missions de sauvetage des migrants comme une activité de traite des êtres humains. Le sauvetage des migrants est un acte désintéressé motivé par le désir de fournir une aide vitale aux personnes qui se noieraient et mourraient autrement, alors que la traite des êtres humains, par définition, entraîne le retour extorqué de groupes vulnérables tels que la traite des êtres humains aux fins de travail forcé, esclavage sexuel ou exploitation sexuelle commerciale pour le trafiquant ou d’autres personnes.

Malheureusement, les restrictions imposées aux organisations ou activistes œuvrant pour la défense des droits des migrants ne sont pas une nouveauté en Europe. Par exemple, l'activiste Miguel Roldan risque jusqu'à 20 ans de prison pour avoir aidé des migrants se noyant en mer. Outre Roldan, Carola Rackete, capitaine de l’ONG allemande ‘Sea Watch’ a été assignée à résidence pendant deux jours pour avoir pénétré dans les eaux territoriales italiennes afin de débarquer 40 migrants secourus en Méditerranée sans autorisation.

L’article 3 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme établit le droit à la vie, en vertu duquel tout être humain a droit à la vie, y compris les migrants.

« Il n’y a pas de menace de vie plus urgente que la noyade de ces migrants en mer. Les pays de l’UE, y compris l’Espagne, ne devraient pas menacer et punir les ONG qui n’ont d’autre choix que de secourir les migrants", déclare Selin Yasar, porte-parole d’Euro-Med.

Ces restrictions imposées par les États membres de l’UE vont à l’encontre du point 9 de la déclaration de l’UE au Conseil des Droits de l’Homme des Nations unies sur les plans de mise en œuvre de la déclaration de Durban de 2001 qui propose des mesures concrètes pour lutter contre la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance connexe.

Par conséquent, Euro-Med appelle le Conseil de l’UE nouvellement élu à faire pression sur les pays de l’UE qui refusent de secourir les migrants noyés dans leurs eaux territoriales et à lever les restrictions sur les activistes et les organisations cherchant à sauver des personnes en danger en mer.