L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a exprimé sa profonde préoccupation au sujet des actions du gouvernement libanais, qui pourrait conduire à la fermeture d’institutions appartenant à des réfugiés palestiniens ou à la poursuite des travailleurs palestiniens et les empêcher de travailler sur l'ensemble du territoire libanais.

Euro-Med a déclaré dans un bref rapport que le plan d’action libanais préfigure une aggravation de la situation des réfugiés palestiniens et ignore la spécificité de leur cas.

Selin Yasar, responsable de la communication et des médias d'Euro-Med, a déclaré que le maintien du ministère du Travail libanais dans ses procédures actuelles indique qu'il ignore le cas spécial des réfugiés palestiniens au regard des lois 128 et 129 approuvées par la Chambre des représentants. Le ministère les classe comme des travailleurs étrangers, ignorant les dispositions des deux amendements sur la spécificité du travailleur palestinien.

Yasar a souligné que, conformément à la loi libanaise et à la modification des lois du travail et de la sécurité sociale nos 128 et 129, le réfugié palestinien est traité comme une catégorie spéciale de travailleurs étrangers et a un statut juridique différent de celui des autres nationalités.

Bien que le Liban soit l’un des pays ayant ratifié la plupart des dispositions du Protocole de Casablanca en 1965, qui stipule que les pays arabes doivent traiter les réfugiés palestiniens comme ils traitent leur peuple et faciliter leur emploi tout en conservant la citoyenneté palestinienne. Le Liban a traité les réfugiés palestiniens comme des étrangers et les a privés des droits les plus fondamentaux stipulés dans les conventions internationales en termes de travail et de propriété.

Bien que le Liban ait affirmé dans sa constitution son respect de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du droit International des Droits de l’Homme, la réalité de la situation indiquait le contraire.

Selon l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA), le nombre de réfugiés palestiniens au Liban est estimé à 400000, dont 174000 vivent dans les 12 camps de l’UNRWA, soulignant qu’environ 36 % des jeunes palestiniens au Liban sont au chômage.

Selon Euro-Med, le taux de pauvreté parmi les réfugiés palestiniens au Liban a atteint 89,1%, et le taux de chômage a atteint 56%. Les réfugiés palestiniens au Liban sont privés de tout droit civil ou social et empêchés de postuler à plus de 20 emplois en raison de certaines lois racistes.

L’organisation Internationale des Droits de l'Homme a également déclaré que les réfugiés palestiniens au Liban sont privés de possession ou d’héritage de propriété et d’accès à des services d’éducation et de santé gratuits. Le Liban refuse également les droits sociaux, économiques et politiques des réfugiés palestiniens sous prétexte que leur accorder ces droits constituerait un prélude à leur établissement permanent au Liban.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a appelé les autorités libanaises à respecter les conventions internationales qui reconnaissent les droits fondamentaux des réfugiés, y compris la liberté de travail sans restriction ni interdiction, y compris la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, qui stipulent que les réfugiés doivent avoir toute liberté pour exercer leur activité économique et occuper librement un emploi.

Euro-Med a exhorté les Nations Unies et les organisations de défense des droits des réfugiés à exercer les pressions nécessaires sur les autorités libanaises pour permettre aux réfugiés palestiniens de s'acquitter de leurs tâches sans être poursuivis par les autorités du pays.