Genève- L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme salue l’adoption des autorités saoudiennes de vastes amendements  réduisant les restrictions aux droits des femmes en matière des documents de voyage, l’état civil, le travail et les lois de sécurité sociale. Ces décisions sont le résultat des campagnes incessantes menées par des militantes saoudiennes contre la discrimination, certains d’entre elles sont toujours en détention et paient le prix de la revendication de leurs droits.

 

   L'Arabie saoudite devrait prendre d'autres mesures pour élever le niveau des droits humains et permettre aux femmes d'exercer pleinement leurs droits   

 

 Euro-Med a déclaré, lors d'un communiqué de presse, que les décisions saoudiennes à l’égard des femmes sont un pas en avant dans l’autonomisation des droits des femmes et de l’égalité des sexes.

L'Observatoire des Droits de l'Homme a souligné que les réformes récemment entreprises par les autorités saoudiennes en faveur des droits des femmes étaient le fruit d'un long voyage initié par des militantes saoudiennes toujours emprisonnées.

 Les autorités saoudiennes sont donc tenues de démontrer leur sérieux, dans le respect des droits des femmes par la libération immédiate de toutes les personnes détenues sur fond de liberté d'opinion et d'expression dans les prisons saoudiennes.

Selon les décisions adoptées dans un certain nombre de décrets royaux saoudiens et publiées au journal officiel,  "le passeport est accordé à toute personne soumettant une demande des titulaires de nationalité saoudienne" âgée de plus de 21 ans et n'ayant pas besoin d'autorisation pour voyager.

Les amendements accordent également aux femmes pour la première fois le droit d'enregistrer les naissances, les mariages et les divorces, ainsi que la délivrance de documents familiaux officiels, ainsi que le droit à la tutelle des enfants mineurs.

Céline Yasar, responsable des communications et des médias d'Euro-Med, a déclaré que l'Arabie saoudite devrait prendre d'autres mesures pour élever le niveau des droits humains et permettre aux femmes d'exercer pleinement leurs droits, en mettant fin aux lois et aux réglementations discriminatoires qui les empêchent d'exercer leurs droits à la participation sociale et politique.

Euro-Med a expliqué que les autorités saoudiennes ont une longue histoire de discrimination à l’égard des femmes, car elles ont continué à les traiter souvent comme des citoyens de seconde classe en raison des lois antérieures, indépendamment de l’âge.

Euro-Med a attiré l’attention sur la nécessité de soulever la question des militantes détenues dans les prisons saoudiennes, parmi lesquelles Nasima al-Sada, Samar Badawi, Iman al-Nafjan, Azizah al-Youssouf, Lajin al-Hathloul et Aisha al-Mana, appelant les autorités à abandonner les charges contre elles et tout autre  prisonnier d'opinion dans le pays.

Il est à noter que l’Arabie saoudite est devenue le 25 avril 2017, l’un des 45 membres de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies.

L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a réitéré son appel aux autorités saoudiennes pour qu’elles s’appuient sur ces décisions, élargissent la portée des changements et des réformes, et  réexaminent les réserves du Royaume à l’égard de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, qu’il a ratifiée en 2000.