Genève- L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a condamné fermement l'attaque d'un mariage à Mourzouk dans le sud-ouest de la Libye, aux premières heures de la matinée, faisant des dizaines de morts et de blessés, qualifiant cet incident de "crime de guerre".

Selon des sources locales libyennes , les avions et drones de Khalifa Haftar ont visé avec au moins quatre raids un rassemblement de civils alors qu’ils assistaient à un mariage en ville causant la mort d'une quarantaine de civils et en blesser 37 autres, a déclaré Euro-Med.

Euro-Med a déclaré avoir enregistré plusieurs autres raids sur différentes parties de la ville après le mariage, mais ne pouvait pas déterminer l'ampleur des pertes matérielles ou humaines résultant de ces raids.

Depuis le 4 avril 2019, les affrontements entre les forces de Hafar et Le gouvernement d’Union Nationale basé à tripoli, se poursuivait tuant plus d'un millier de civils et blessant environ 3 000 autres, outre le déplacement de plus de 100 000 civils jusqu'à présent.

Euro-Med a déclaré dans un communiqué de presse que bien que les forces de Haftar n’aient fait aucun commentaire officiel sur cet incident, Euro-Med a suivi une célébration honteuse des supporters de Haftar sur les réseaux sociaux, ajoutant que beaucoup d'entre eux justifiaient l'attaque parce qu’elles s’opposaient à l’attaque de Haftar contre Tripoli. Une autre partie a tenté de nier le ciblage de civils et de promouvoir que les raids visaient des  cibles militaires du GNA.

Les sources tribales ont déclaré à Euro-Med que l'attaque visait une des tribus de la ville de Mourzouk pour s'être opposée à l'attaque des forces Haftar sur Tripoli et le manque  l'appui nécessaire aux forces qui assiégeaient la capitale libyenne depuis quelques mois.

L’Observatoire a documenté une série d’attaques meurtrières visant des civils et des migrants à Tripoli et dans d’autres villes au cours des trois derniers mois, faisant des dizaines de morts et des centaines de blessés, en plus de la destruction systématique des infrastructures dans l’ouest de la Libye,  gérés par le GNA.

Les récentes attaques documentées par Euro-Med, avaient ciblé un hôpital de campagne fournissant des soins médicaux au personnel de sécurité du GNA, tuant cinq médecins et blessant huit secouristes, le 27 du mois dernier, en plus d'un centre de détention pour migrants à Tajoura - Tripoli, causant la mort de 40 migrants et blessant plus de 70 autres le troisième du mois dernier également.

 

Euro-Med a déclaré que des milliers de Libyens craignaient des attaques de missiles et de drones utilisés par diverses parties au conflit armé près de la capitale Tripoli.

Euro-Med a également souligné que la persistance de l’attitude négative de la communauté internationale et l’incapacité de prendre une véritable position mettant fin aux violations commises en Libye, ce qui soulève des interrogations quant à la position réelle de ces pays quant à la répétition de ces crimes.

L’envoyé de l’ONU en Libye, Ghassan Salama, a informé le Conseil de sécurité à la fin du mois dernier de la situation en Libye: Le pays est devenu un lieu d’expérimentation de nouvelles armes et d’utilisation d’armes anciennes avec le soutien des gouvernements étrangers.

De son coté, Mohamed Emad, le chercheur juridique d’Euro-Med, a exhorté le Conseil de sécurité sur la nécessité d’une intervention immédiate et rapide pour mettre fin aux violations répétées et pour établir des mécanismes spécifiques et clairs pour assurer la protection des civils en Libye.

Imad, a déclaré : «Le Conseil de sécurité est tenu d’utiliser ses pouvoirs juridiques pour demander à la Cour Pénale Internationale d’enquêter immédiatement sur ces crimes afin de traduire en justice les responsables.

Il a ajouté que le ciblage des civils en célébration d’un mariage reflète l’ampleur du mépris des parties en conflit aux règles du Droit International Humanitaire, et souligne l’absence de sentiment de l’inévitabilité de la responsabilité et de la punition.

Imad, a noté que l’article 8 de la Convention de la Cour pénale internationale compte les violations graves des quatre Conventions de Genève 1949 dans le cadre des crimes de guerre, confirmé que le ciblage de civils et de centres médicaux de campagne durant les opérations militaires constitue une violation de ces conventions. Par conséquent, les auteurs ces crimes odieux doivent être tenus responsables peu importe les circonstances qui les ont incités.

En conclusion, l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a souligné que le ciblage des civils par avion et le bombardement de leurs rassemblements font partie des actes constitutifs des crimes de guerre, en particulier l’article 5 (b), qui a souligné que "attaquer ou bombarder les villes, les villages, les habitations ou les bâtiments inutilisés qui ne sont en aucun cas des cibles militaires "font partie des crimes de guerre qui nécessitent un mouvement de responsabilité pénale internationale envers les auteurs de ces crimes, appelant à la nécessité de protéger les civils dans les zones de conflit, comme le prévoit le Droit International Humanitaire.