Genève - L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a condamné dans un discours prononcé aujourd’hui, lors de la 42ème session du Conseil des Droits de l’Homme en partenariat avec l’IRDG, la fourniture de  la coalition saoudienne et émirienne pour couvrir les pratiques des Forces de "Cordon de Sécurité" dans le sud du Yémen, y compris les arrestations, les meurtres et les raids contre les foyers civils dans le sud, qui peuvent constituer des crimes de guerre.

Dans la déclaration commune, les deux organisations ont exprimé leur profonde préoccupation face aux assassinats et aux arrestations de civils au Yémen, en particulier dans la région méridionale qui est en conflit armé entre les forces gouvernementales d’Abed Rabbo Mansour Hadi et les groupes de cordon de sécurité, soutenus par les Émirats arabes unis.

Euro-Med et l’IRDG ont déclaré que le soutien continu des pays de la coalition arabe aux milices anti-gouvernementales crée le chaos et contribue à l’augmentation des violations. La force aérienne des ÉAU fournit une couverture aérienne pour les opérations militaires dans lesquelles des milices pro-ÉAU ont commis des meurtres et des exécutions. Les opérations militaires ont aggravé la situation humanitaire des civils dans ces régions.

L’augmentation récente du nombre de raids et d’arrestations de civils dans différentes zones d’Aden suscite de vives inquiétudes. Selon les informations, les forces de cordon de sécurité le 30 août, ont arrêté 400 personnes en une journée.

Le 28 août, les forces de cordon de sécurité ont exécuté quatre prisonniers à l’intérieur d’un hôpital après avoir été blessés lors d’une descente des forces aériennes des Émirats arabes unis à Zanzibar.

Selon l’ONU, au moins 7.292 civils, dont 1.959 enfants et 880 femmes, ont été tués, et 11.630 civils, dont 2.575 enfants et 1.256 femmes, ont été blessés au Yémen depuis mars 2015, alors que plus de 60 % des personnes tuées étaient des civils à la suite des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Euro-Med et l’IRDG ont appelé tous les États à suspendre immédiatement la vente ou le transfert d’armes à toutes les parties au conflit au Yémen, demandant aux Nations Unies de prendre des mesures sérieuses pour mettre fin aux exécutions extrajudiciaires, rendre des comptes aux personnes concernées et intenter des poursuites contre elles.

À la fin de leur déclaration, les deux organisations internationales ont exhorté le Conseil de sécurité à condamner les frappes aériennes des Émirats arabes unis contre les gouvernorats du sud du Yémen, à faire pression sur la coalition saoudo-UAE à cesser de soutenir et d’armer les milices antigouvernementales reconnues internationalement et accroître les opérations de secours au Yémen, en particulier dans les gouvernorats du Sud.