Genève- L’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme a exprimé sa profonde préoccupation face à l’enlèvement des forces démocratiques syriennes (FDS) des dizaines d’enfants orphelins et de centaines de jeunes dans les camps de réfugiés et dans le nord-est de la Syrie, et les isoler dans des camps de recrutement, ce qui équivaut à un crime de guerre.
 

   Les souffrances des civils syriens dans l’est et le nord-est du pays n’ont pas pris fin avec la fin du contrôle de l’Organisation Islamique d’Etat sur ces zones, mais ont continué sous les forces de la FDS, qui traitent les civils comme des projets de recrutement et de combat    

Anas al-Jarjawi, le directeur d’Euro-Med de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord


Les forces du FDS, soutenues par la coalition internationale, ont récemment lancé une campagne massive pour arrêter des jeunes arabes dans l’île syrienne de l’est de l’Euphrate, puis les emmener dans des camps de recrutement forcé dans l’est de la Syrie, y compris Tel Baidar, Tel Adas et les camps de Fouj al-Hasaka.

Les forces du FDS ont enlevé il y a quelques jours environ 200 enfants du camp d’al-Houl, au sud-est d’al-Hasakah, et les ont isolés dans l’un de ses camps.

Selon les sources de secours, la plupart des enfants ont entre 13 et 16 ans, y compris les orphelins et d’autres personnes de nationalités non syriennes.

L’enlèvement de ces enfants a coïncidé avec le lancement par les forces du FDS d’une campagne d’arrestations à grande échelle ciblant les jeunes arabes dans les villes de Qamishli, Hasaka, Raqqa, et Deir Ezzor les forçant à participer à la soi-disant organisation "Forces de légitime défense".

Selon des informations locales, la soi-disant "police militaire" et les "forces asayish", les armes de sécurité de FDS, ont arrêté des centaines de jeunes membres des tribus arabes cette semaine à deux points de contrôle, "Al-Numatli" et "Alaya", à l’est de la ville de Qamishli, et aux points de contrôle de "Sabbagh", "al-Sarafis" Parking public au parc "Al-Quds", rond-point "Marshou", "al-Kahrabah", et rond-point "al-Nashwa" à al-Hasaka.

Le FDS a également procédé à des arrestations similaires de jeunes Arabes aux points de contrôle "al-Janoubi", "al-Saomaa", "al-Petrol al-Sharqi" et "al-Kaziayyh al-Shamalyyah" dans la ville de "Tal Hamis" dans la campagne de "al-Hasaka".

Un grand nombre de jeunes ciblés par la campagne de recrutement forcé ont fui leurs villages sous le contrôle du FDS, et se sont réfugiés dans des quartiers sous le contrôle de l’armée du régime syrien à Al-Hasaka et Qamishli.

Le directeur d’Euro-Med de la région du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, Anas al-Jarjawi, a déclaré que la coalition internationale porte une grande responsabilité pour la poursuite des pratiques des forces du FDS qui est contraire au droit international. Il est inacceptable de continuer à fournir un soutien militaire et logistique à des groupes qui pratiquent des meurtres et des arrestations au détriment de l’identité, dans une violation quotidienne des droits de l'homme les plus fondamentaux des civils sous leur règne.

Al-Jarjawi a ajouté, "les souffrances des civils syriens dans l’est et le nord-est du pays n’ont pas pris fin avec la fin du contrôle de l’Organisation Islamique d’Etat sur ces zones, mais ont continué sous les forces de la FDS, qui traitent les civils comme des projets de recrutement et de combat oppressant quiconque viole ses ordres militaires."

Les arrestations en cours par le FDS semblent être conformes à l’ordre du jour que le Président américain des Chefs d’état-major généraux, Joseph Dunford la semaine dernière.

Joseph Dunford a déclaré que son pays doit former entre 50 et 60 mille forces locales pour contrôler la sécurité dans le nord-est de la Syrie.

Le FDS a été établi dans la ville de Qamishli, dans le nord de la Syrie, le 10 octobre 2015 pour lutter contre l’Organisation islamique d’État. À l’époque, ils se définissaient comme "une force militaire nationale unifiée pour tous les Syriens, les Arabes, les Kurdes, les Syriens et toutes les autres composantes". Mais la composition ethnique des forces du SDF suggère le contraire, car elle est dominée par les forces kurdes. Actuellement, 70% de ses troupes sont kurdes, alors que les Arabes et les autres communautés ne représentent que 30%.

Un rapport préparé par Euro-Med fin juillet, a révélé que le FDS commet des crimes de guerre contre l’humanité contre des milliers de Syriens sous couverture de la coalition internationale pour combattre l’Organisation islamique d’État.

Selon Mohammed Imad, chercheur juridique d’Euro-Med, les deux protocoles additionnels aux Conventions de Genève de 1977 interdisaient le recrutement d’enfants de moins de 15 ans et leur participation aux hostilités.

Imad a ajouté que le droit international interdit aux groupes armés non étatiques de recruter toute personne âgée de moins de 18 ans. De plus, le recrutement d’enfants de moins de 15 ans est considéré comme un crime de guerre.

Euro-Med a exhorté le gouvernement américain, qui soutient le FDS, à faire pression pour que cesse le recrutement d’enfants dans l’action militaire, exhortant la communauté internationale à prendre des mesures sérieuses et pratiques pour lutter contre les violations du droit international commises par la SDF.

Euro-Med a également appelé le FDS à démobiliser immédiatement les enfants recrutés, y compris les enfants des familles dans les camps de personnes déplacées et les orphelins.