Genève - Les disparitions forcées au Yémen, en Égypte et en Syrie sont effroyables et sont utilisées comme stratégie pour répandre la terreur, a déclaré l'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme, en partenariat avec l’IRDG, dans un discours devant le Conseil des Droits de l’Homme lors de la discussion du troisième point de la 42e session.

Les deux organisations ont exprimé dans une déclaration commune leur profonde préoccupation concernant la détention et la disparition forcée de milliers d’opposants politiques, et l’intimidation de leurs familles, amis et parents.

Depuis le début du conflit au Yémen en 2015, des milliers de civils ont été enlevés par diverses parties au conflit, tandis que des centaines de personnes ont été expulsées de force à cause de la guerre.

Les personnes enlevées sont essentiellement soumises à la torture physique et psychologique dans les prisons yéménites alors que leurs procès ne sont pas conformes aux procédures légales appropriées.

La torture dans les prisons et les centres de détention en Egypte est devenue systématique contre les dissidents de différentes orientations politiques.

Les autorités égyptiennes ont exécuté neuf jeunes Égyptiens en avril sur la base de confessions extraites sous la torture, selon l’une des jeunes victimes lors de son témoignage devant un tribunal égyptien à l’époque.

En ce qui concerne la situation en Syrie, Euro-Med et l’IRDG ont déclaré que le gouvernement syrien continue de cacher le sort de plus de 118 000 civils qui ont été arbitrairement détenus ou cachés depuis mars 2011.

Les deux organisations ont déclaré que des dizaines de milliers de familles désespérées en Syrie essaient de connaître le sort de leurs proches disparus. Cependant, leurs tentatives sont toujours au point mort, car le régime du président Bachar al-Assad reste indifférent au droit humanitaire international et aux normes en matière des droits de l’Homme.

Euro-Med et IRDG ont appelé le Conseil des Droits de l’Homme à condamner avec la plus grande fermeté l’enlèvement de civils innocents au Yémen, en Égypte et en Syrie et à contribuer aux efforts pour obtenir leur libération. Les deux organisations ont demandé aux Nations Unies d’ouvrir une enquête urgente sur la pratique des disparitions forcées dans ces pays et de poursuivre les responsables.

En conclusion, les deux organisations ont souligné qu’en droit international, le crime de disparition forcée persiste jusqu’à ce que l’État révèle le sort et le lieu de détention des personnes concernées.