Le secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo, a annoncé hier soir que les États-Unis ne considèrent plus les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée comme incompatibles avec le droit international.

 

   “La décision de l’administration Trump ne changera en rien l’illégalité des colonies. Les États-Unis n’ont pas la capacité d’abolir le droit international ou de modifier le consensus mondial   

Selin Yasar, porte-parole et chargée de communication d’Euro-Med Monitor.

 

Euro-Med condamne fermement cette décision, qui constitue une violation flagrante du droit international et du droit international humanitaire, en particulier l’article 49 de la quatrième convention de Genève, qui stipule que "Les transferts forcés individuels ou massifs, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé vers le territoire de la Puissance occupante ou vers celui de tout autre pays, occupé ou non, sont interdits, quel que soit leur motif."

De plus, Euro-Med affirme que les colonies israéliennes violent non seulement le droit international, mais qu’elles demeurent en fait un crime de guerre en vertu du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Par conséquent, Euro-Med insiste sur le fait que la déclaration de l’administration Trump ne changera rien à l’illégalité internationale des activités d’établissement, car les États-Unis n’ont aucun mandat ni aucune agence pour radier le droit international ou modifier le consensus mondial.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies, l’Assemblée générale des Nations Unies et la Cour internationale de justice ont tous affirmé la violation flagrante du droit international sur laquelle les colonies israéliennes s’appuient.

Le 9 juillet 2004, la CMI a déclaré dans son avis consultatif que la construction par Israël du mur de séparation et l’expansion des colonies modifient illégalement la composition démographique des TPO et nuisent ainsi gravement à la capacité de leur droit à l’autodétermination.

Enfin, Euro-Med salue la réponse immédiate du chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, sur les derniers développements, où elle a réaffirmé la position de l’UE sur toutes les "illégale en vertu du droit international et érode la viabilité de la solution à deux Etats et les perspectives d’une paix durable, comme réaffirmé par la résolution 2334 du Conseil de sécurité de l’ONU."

L’Observatoire Euro-Med appelle l’UE à prendre de nouvelles mesures non seulement pour maintenir la viabilité de la solution à deux États, mais aussi pour faire avancer véritablement la conclusion du conflit israélo-palestinien, en interdisant les produits de règlement des marchés de l’UE conformément au droit international et en répudiant la dernière annonce des États-Unis.

Euro-Med demande également au Haut-Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme, Michelle Bachelet, de publier immédiatement la base de données des Nations Unies sur les entreprises opérant dans les colonies israéliennes. Cette rétribution est essentielle pour freiner la grave attaque unilatérale des États-Unis et d’Israël contre le processus de paix et pour défendre l’ordre international établi depuis longtemps. Agir autrement peut rendre les parties oisives complices de l’érosion des chances de paix.