L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a exprimé ses profondes préoccupations au sujet de la dernière décision du gouvernement grec de construire des camps insulaires fermés comme des prisons pour les demandeurs d’asile, qui ressemblent à des prisons aux conséquences inhumaines.

Vendredi dernier, le Premier ministre de la Grèce,  Kyriakos Mitsotakis, a annoncé que son gouvernement construirait des structures d’accueil des migrants fermées sur les îles près de la Turquie où près de 35 000 réfugiés sont actuellement bloqués. Les mauvaises conditions dans les camps ont été largement documentées. Cette nouvelle mesure ne fera qu’exacerber davantage les souffrances des demandeurs d’asile. Différents groupes de personnes seront entassés dans de petits espaces, faisant face à des règles plus strictes comme la prison jusqu’à ce que leurs cas soient traités.

Jusqu’à ce que leurs demandes soient traitées, les demandeurs d’asile en Grèce doivent souvent passer des années dans des camps où les conditions sanitaires sont épouvantables et où leur sécurité n’est pas assurée. Alors que l'hiver approche, cette catastrophe humanitaire s’intensifiera, car le niveau d’aide médicale disponible est insuffisant pour les personnes dans le besoin.

En outre, Euro-Med est profondément préoccupé par le fait que la Grèce durcit ses politiques afin de dissuader davantage de demandeurs d’asile de traverser ses frontières. En plus des nouveaux camps insulaires fermés, la Grèce a annoncé des mesures supplémentaires telles qu’une augmentation de 1.200 gardes supplémentaires à ses frontières terrestres et maritimes et une augmentation du nombre de déportations.

Le nombre de réfugiés traversant la mer depuis la Turquie a augmenté de 73% cette année, selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés. Plus de gens entreprennent le dangereux voyage pour traverser la mer dans la région méditerranéenne où  environ 643 réfugiés et migrants ont été secourus dans la mer Égée, seulement entre le 24 et 25 novembre.

Mohammed Shehada, directeur régional d'Euro-Med pour l'Europe , a déclaré : "Pas besoin d’affirmer que la plupart de ces réfugiés, y compris de nombreuses femmes et enfants, fuient les dangers mortels de la guerre et de la persécution, et devrait donc bénéficier d'une protection et d'un refuge sûr conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies de 1948 selon laquelle " Toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays." en plus de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et du Protocole de 1967 relatif au statut des réfugiés.

Face à cette situation, Euro-Med a appelle la Grèce à respecter les droits de l’homme des demandeurs d’asile et à offrir des conditions décentes à ceux qui cherchent refuge contre la guerre et la persécution. Cela nécessite l’arrêt immédiat des mesures inhumaines mentionnées ci-dessus pour construire des camps d’îles fermées et travailler à améliorer les conditions dans les camps de réfugiés existants.

Euro-Med a également appelle l’Union européenne à venir en aide de toute urgence à la Grèce, en améliorant ses politiques d’accueil et de redistribution des demandeurs d’asile et en mettant fin aux longues procédures d’asile existantes. Les autorités grecques traitent actuellement un arriéré de 70 000 demandes d’asile. L'un des problèmes urgents est le nombre de mineurs non accompagnés, estimé à environ 4 000. Les États membres de l’UE doivent s’entendre pour prendre leur juste part de demandeurs d’asile en Grèce.