Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a salué, lundi 9 décembre 2019, la décision du gouvernement soudanais de réduire le nombre de ses troupes au Yémen à cinq mille, exprimant l’espoir que la démarche soudanaise serait un prélude à la fin de la guerre dévastatrice qui a déchiré le Yémen au cours des cinq dernières années.

Euro-Med a déclaré dans un communiqué de presse qu’il attendait avec un grand intérêt de mettre fin à la présence militaire soudanaise et de retirer complètement tous les soldats du Yémen et de travailler avec les Nations Unies et d’autres acteurs internationaux pour restaurer la sécurité et l’espoir pour des millions de Yéménites.

Euro-Med a expliqué que la décision du Soudan de participer à la guerre au Yémen était due à des raisons économiques et non politiques ou sécuritaires, ajoutant qu’envoyer des milliers de soldats pour participer à une guerre sur le territoire d’un autre pays et obtenir de l’argent en retour ne peut pas être une solution aux problèmes économiques du pays, mais transformera plutôt l’armée du pays en mercenaires effectuant des missions illégales en échange d’argent.

Euro-Med a indiqué que ses équipes ont documenté au cours des cinq dernières années un certain nombre de crimes de guerre commis par les forces de coalition dirigées par l’Arabie saoudite au Yémen avec la participation des forces soudanaises, qui étaient les plus grandes forces militaires étrangères sur le territoire yéménite.

Le Premier ministre soudanais Abdullah Hamdouk a déclaré, hier, que Khartoum avait réduit le nombre de ses forces au Yémen à cinq mille soldats de 15,000, alors que le nombre atteignait 30,000 selon les déclarations antérieures du commandant des Forces de soutien rapide, Muhammad Hamdan Diqlo.

Anas Aljerjawi, Directeur régional du bureau d'Euro-Med au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, a déclaré que le Premier ministre soudanais devrait prendre une décision courageuse pour mettre fin à la présence militaire soudanaise au Yémen pour toujours, et prêter attention aux problèmes internes et soutenir les conditions de vie dans le pays, y compris dans tous les segments de la société.

Aljerjawi a ajouté que le Droit international ne justifie pas ce type d’intervention et le considère comme illégal même si son but est de protéger l’humanité. L’article (2F7) de la Charte des Nations Unies interdit toute ingérence dans les affaires d’un autre pays, comme on peut le lire : « Aucune disposition de la présente Charte ne permet aux Nations Unies d’intervenir dans des questions qui sont au cœur de l’autorité interne d’un État et il n’y a rien dans celle-ci qui oblige les Membres à présenter de telles questions à résoudre en vertu de la présente Charte."

Les rapports de presse indiquent que les pertes totales de l’armée soudanaise depuis le début de la guerre au Yémen ont dépassé 8.000, dont 4.253 morts et 3,747 blessés, tandis que des sources locales soudanaises ont déclaré que le nombre de soldats soudanais morts participant à la guerre au Yémen a atteint 850 au cours des années 2015 et 2016.

Euro-Med a appelé toutes les parties impliquées dans la guerre au Yémen à retirer immédiatement leurs forces et à travailler pour sauver les millions de Yéménites qui sont exposés au risque de famine et de propagation de maladies mortelles comme le choléra.

Euro-Med a indiqué qu’environ 100.000 personnes ont été tuées à la suite de la guerre au Yémen, et que 67% des victimes civiles étaient dues aux frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, plus de 8 000 personnes ont été tuées à la suite d’un ciblage direct de la coalition.

Euro-Med a souligné que les crimes dans lesquels les forces soudanaises étaient impliquées sous la coalition arabe pourraient engager la responsabilité pénale internationale contre les soldats et les dirigeants impliqués dans les opérations militaires qui ont fait des victimes, et que ces actes constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, ce qui donne à la Cour Pénale Internationale le droit de punir les personnes impliquées selon la Statue de Rome.

En conclusion, Euro-Med a appelé le Soudan à retirer toutes ses forces du Yémen et à enquêter sur les violations commises par ces forces pendant leur service là-bas, et à exhorter le Procureur de la Cour Pénale Internationale à commencer à enquêter sur les violations graves commises contre des civils yéménites par diverses parties, qui relèvent du cadre des crimes internationaux qui nécessitent des poursuites pénales par cette cour.