Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a déclaré que des centaines de mercenaires des Forces de soutien rapide et du Mouvement soudanais pour la justice et l’égalité ont rejoint les combats en Libye, fin décembre, et ont fait partie des forces Khalifa Haftar contre le gouvernement de l’Accord national.

Euro-Med a déclaré dans un communiqué de presse, Mercredi 25 décembre, que le nombre de mercenaires soudanais en Libye a atteint près de 3.000, qui ont participé à des violations horribles des droits de l’homme, à l’assassinat des civils libyens et à la contrebande de migrants à travers la frontière, en plus de sécuriser des champs de pétrole et des centres de détention.

Euro-Med a indiqué qu’un grand nombre de ces mercenaires avaient une expérience de combat antérieure, en raison de leur participation à la guerre du Darfour.

Euro-Med a déclaré que malgré l’embargo sur les armes imposé par les Nations Unies, y compris la résolution 1970 sur le personnel mercenaire armé de 2011, le Soudan viole toujours clairement cet embargo, et continue de fournir un soutien militaire aux parties au conflit en Libye, ce qui signifie une augmentation de l’ampleur et de la portée des violations contre les civils sans défense. Euro-Med a aussi noté que cela est assuré par la déclaration d’un fonctionnaire soudanais, qui a reconnu la contribution de son pays à 50% des efforts militaires en Libye.

Euro-Med a expliqué qu’il avait des témoignages documentés de combattants soudanais en Libye dans lesquels ils parlaient de rejoindre les forces Haftar, des armes dont ils disposaient et du petit retour de matériel qu'ils avaient obtenu. Ils ont précisé qu'ils étaient venus en Libye, où ils avaient été placés dans un camp de type carcéral, et avaient eu le choix de rejoindre l'armée ou d'être emprisonnés.

Selon A. A, un des mercenaires qui se battait avec Haftar à Gharyan, qui est venu de la ville de Geneina dans le centre de l’État du Darfour Ouest au Soudan, il est venu en Libye dans le but de lutter pour 1,000 livres soudanaises par mois (22 $), indiquant que lui et plus de 25 autres ont été emmenés en Libye à travers le désert.

Quant à A. M., et M. A., des forces soudanaises Janjawides, ils sont venus avec un groupe de forces du Soudan à travers le Tchad à la ville de Benghazi dans l’est de la Libye à travers Syrte et ensuite Gharyan, pour joindre les forces haftar au sud de Tripoli, sous le commandement d’Abd al-Salam Al-Hassi des forces Haftar.

A. Sh., un mercenaire des forces Janjawides, a déclaré qu’en juin 2019, il est arrivé dans une région de Gharyan, qu’il a décrite comme une base militaire. Lui et un groupe de ses collègues se sont préparé pour se battre au sud de Tripoli, mais il a ajouté que les forces du gouvernement de l’Accord national ont réussi à lancer une attaque surprise et les a atteints à Gharyan, tuant trois de ses collègues.

Euro-Med a déclaré que l'envoi par les EAU des mercenaires soudanais et des mercenaires d’autres nationalités est "un acte honteux qui appelle à la responsabilité," appelant le Comité d’experts des Nations Unies à travailler sur les enquêtes sur les crimes commis en Libye et d’identifier la responsabilité des parties internationales dans le conflit, ce qui ouvrirait la voie à la justice pour les personnes impliquées.

Euro-Med a souligné que l’article (5) de la Convention Internationale contre le recrutement de mercenaires interdisait aux États de recruter, d’utiliser, de financer ou de former des mercenaires et les obligeait à interdire ces activités, et stipulait le devoir des États parties à la Convention de punir ceux qui commettent ce crime en imposant « des peines appropriées qui tiennent compte de la gravité de ces crimes. “

Le major-général libyen à la retraite Khalifa Hafter avait annoncé une opération militaire depuis le 4 avril dernier pour prendre le contrôle de la capitale Tripoli des mains du gouvernement internationalement reconnu de l’Accord national. De violents affrontements ont éclaté après l’attaque entre les deux parties, tuant et blessant des milliers, causant des dommages massifs à l’infrastructure, aux établissements de santé, y compris un certain nombre d’hôpitaux et d’écoles, et mettant en danger la vie d’environ un million et 200 000 civils à Tripoli, et déplaçant plus de 100 000 civils de leurs maisons.

Le mercenaire A. S. du Soudan a dit qu’il était venu en Libye il y a environ un mois pour combattre aux côtés des forces Haftar, expliquant qu’il gagnait 1 000 livres soudanaises par mois et parfois tous les deux mois.

Un rapport récent du Groupe d’experts du Comité international des sanctions imposé à la Libye a révélé que 1 000 soldats soudanais des Forces de soutien rapide ont été envoyés en Libye orientale en juillet dernier, et étaient stationnés dans la région de Jufra, dans le sud de la Libye.

Euro-Med a souligné que l’ambassade des Émirats arabes unis à Khartoum avait envoyé une lettre en mai 2019 au ministère des Affaires étrangères de la République du Soudan, demandant à l’autorisation diplomatique pour que deux avions C130 + G17 appartenant aux forces armées des Émirats arabes unis atterrissent à l’aéroport de Geneina, à l’ouest du Soudan, pour transférer des membres des forces soudanaises, ce qui fait des Émirats arabes unis le responsable direct des violations commises par ces forces en Libye.