Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a condamné un raid aérien de la coalition arabe qui a entraîné la mort et la blessure de dizaines de civils au Yémen samedi, en violation du Droit International Humanitaire.

Une enquête immédiate doit être ouverte sur le raid qui a eu lieu au gouvernorat d’Al-Jawf, peu après l’annonce de la destruction de l’avion de guerre d’une coalition. Cette violence aveugle contre les civils semble être un acte de vengeance aveugle sans le moindre égard aux principes des règles de guerre, en particulier les principes de distinction et de proportionnalité.

Euro-Med a mis en garde contre la tactique de ciblage aveugle utilisée comme outil de vengeance lorsqu’une partie au conflit subit des pertes militaires. Les victimes de cette approche sont généralement des civils, ce qui constitue une grave violation du Droit Humanitaire International.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies, 31 civils ont été tués et 12 blessés lors de raids lancés par la Coalition arabe dirigée par l’Arabie saoudite sur le gouvernorat d’Al-Jawf.

Le raid a eu lieu après que les forces de la coalition arabe au Yémen ont déclaré qu’un avion de guerre Tornado a été abattu dans la province susmentionnée, et que les Houthis sont responsables de la vie et de la sécurité de l’équipage du combattant.

Selon des informations locales, les forces aériennes de la coalition ont ciblé des citoyens yéménites accompagnés de militants houthis armés, alors qu’ils se rassemblaient à l’épave de l’avion abattu dans le district d’Al Masloub dans le gouvernorat d’Al-Jawf.

En vertu des lois de la guerre, les parties doivent faire tout ce qui est nécessaire pour vérifier que les cibles sont des objets militaires valides et pour mettre fin aux attaques aveugles qui sont censées causer des pertes civiles disproportionnées.

Malgré les preuves de plus en plus nombreuses concernant les violations commises par les parties en conflit au Droit International, l’absence persistante de responsabilité internationale qui prévaut actuellement au Yémen encourage les parties au conflit à commettre davantage de crimes.

Selon les Nations Unies, environ 10 000 Yéménites – dont près de 2 000 enfants – ont été tués et des dizaines de milliers ont été blessés au Yémen depuis mars 2015. Plus de 60 % des civils tués sont le résultat des frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Il faut trouver un mécanisme international efficace pour s’assurer que les violations contre les civils yéménites sont contrées et que des mesures sont prises pour jeter les bases d’une responsabilisation et d’une action concrète pour mettre fin à la guerre contre le Yémen.

Jusqu'à présent, le Conseil de sécurité n'a utilisé le régime de sanctions que contre une seule partie (les Houthis) malgré le fait que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite ait commis de nombreuses violations qui pourraient constituer des crimes de guerre, notamment en lançant des centaines de frappes aériennes aveugles qui ont coûté la vie à des milliers de civils, des infrastructures vitales et des biens civils, en violation des lois de la guerre.

Euro-Med a exhorté la communauté internationale à suspendre immédiatement la vente ou le transfert d'armes à toutes les parties au conflit au Yémen, et a également appelé les Nations Unies à prendre des mesures sérieuses pour tenir responsables ceux qui sont impliqués dans des crimes de guerre contre des civils yéménites, et à prendre des mesures juridiques appropriées à leur encontre.