Genève - L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a déclaré dans un communiqué à l’occasion du premier anniversaire du déclenchement du mouvement de protestation populaire en Algérie que les autorités dirigeantes du pays devraient libérer tous les détenus de manifestations pacifiques qui ont été arrêtés pour avoir exprimé leur opinions.

Euro-Med a également déclaré que le peuple algérien devrait avoir la possibilité d’exprimer ses aspirations à un véritable changement démocratique garantissant la protection des libertés publiques, le droit de réunion pacifique et le transfert pacifique des pouvoirs.

L’énorme mouvement de protestation algérien, appelé « Hirak », marquera son premier anniversaire la semaine prochaine en organisant des marches pour la 53e semaine  consécutive. Le mouvement qui a renversé le président Abdelaziz Bouteflika l’année dernière, après 20 ans au pouvoir, n’a pas pu arrêter l’élection du président Abdelmadjid Tebboune, ni établir son administration et gouverner le pays. Tebboune a fait des promesses formelles d’adopter des réformes politiques et d’améliorer les libertés, mais il continue d’arrêter arbitrairement des dizaines de manifestants sans aucune justification juridique.

Euro-Med a confirmé que le refus du gouvernement de libérer d’éminents militants et sa répression des marches pacifiques dans certaines villes soulèvent des questions sur la crédibilité des promesses de Tebboune d’étendre les libertés civiles et politiques.

Les manifestations de masse en cours ont commencé le 22 février 2019, lorsque des milliers d’Algériens ont demandé l’exclusion du président Abdelaziz Bouteflika des élections. Après sa démission en avril, le mouvement a continué à exercer des pressions sur les autorités à travers de grandes manifestations dans plusieurs villes appelant à un système de gouvernement démocratique plus pluraliste.

Il a été noté que les autorités ont traité pacifiquement la protestation au début, mais ils ont commencé à arrêter les manifestants au début de Juin. La répression a augmenté en septembre en arrêtant des dizaines de dirigeants du mouvement populaire.

Euro-Med a déclaré que de nombreux militants et dirigeants du Hirak sont toujours en détention préventive, y compris Abdel-Wahab Farsaoui, Karim Tabou, Fadil Boumala et d’autres.

Nada Nabil, la porte-parole d’Euro-Med, a déclaré que la recherche d’une protection par l’adoption de changements constitutionnels et démocratiques n’est pas une véritable étape car les autorités doivent prendre des mesures concrètes pour prouver la séparation des pratiques de sécurité horribles de l’ancien régime.

Nabil a exprimé ses craintes de répéter les mêmes politiques de l'ancien régime, contrôlé par le pouvoir militaire, qui supprime les libertés et ne reconnaît pas le droit des citoyens à participer efficacement aux institutions gouvernementales du pays.

Euro-Med a exhorté les autorités algériennes à cesser de réprimer les manifestations, à mettre fin aux arrestations arbitraires et aux procès de manifestants pacifiques, à libérer immédiatement tous les prisonniers d'opinion et à lancer un dialogue national complet pour ouvrir la voie à la démocratie et préserver les libertés pour tous les Algériens.

L’Observatoire Euro-Med a également souligné que le "Pacte International relatif aux droits civils et politiques", que l'Algérie a ratifié en 1989, et la "Charte Africaine des Droits de l'Homme et des peuples" appellent au respect des protestations des manifestants pacifiques qui portent des slogans lors des manifestations hebdomadaires.