L'Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme suit avec beaucoup d’inquiétude l’annonce de la Turquie selon laquelle elle n’empêchera plus les réfugiés syriens d’atteindre l’Europe, à la lumière des récents développements à Idlib qui ont accru le flux de réfugiés en Turquie.

Après la décision de la Turquie d’ouvrir la voie à l’Europe, la coordination entre les États membres de l’UE et la communauté internationale est extrêmement urgente pour assurer la sécurité des réfugiés syriens et veiller à ce qu’ils ne soient pas victimes de préjudice ou d’exploitation, a souligné Euro-Med.

Euro-Med a également souligné l’urgence de reconnaître les souffrances et les dangers mortels que fuient les réfugiés syriens et les demandeurs d’asile d’autres origines nationales lorsqu’ils abordent la question de leur migration vers l’Europe, ce qui nécessite la création de mécanismes immédiats pour leur absorption et l’abri du danger.

Depuis décembre 2019, environ un million de civils se sont échappés d’Idlib dans des zones proches des frontières turques après que le gouvernement syrien, soutenu par la Russie, a pris le contrôle violemment de zones précédemment gouvernées par des rebelles syriens, qui a créé une grave crise humanitaire dans la guerre qui dure depuis neuf ans.

Euro-Med met en garde contre toute forme de violence et de discrimination à l’encontre des réfugiés syriens qui tentent d’atteindre l’Europe depuis la Turquie, qui a fait face à la crise des réfugiés en adsorbant plus de 3,7 millions de réfugiés syriens et affirme avoir dépensé plus de 40 milliards de dollars pour les réfugiés. La Turquie ne peut pas supporter seule le fardeau d’un nombre aussi important de réfugiés, a rappelé Euro-Med.

Par conséquent, Euro-Med appelle les États membres de l’UE à assurer immédiatement un passage sûr pour les réfugiés syriens qui tentent d’atteindre l’Europe pendant l’escalade alarmante en Syrie, et veiller à ce que les réfugiés ne soient pas victimes d’exploitation ou de violations des droits de l’homme dans les pays européens entre la Turquie et l’Europe de l’Ouest, comme la Grèce, la Hongrie, la Bosnie et d’autres.

Euro-Med appelle également les États membres de l’UE à créer de toute urgence un mécanisme de redistribution équitable des réfugiés syriens proportionnel à la capacité et à la richesse des États membres de l’UE, afin d’éviter que les pays de l’UE les moins avantagés, comme la Grèce, n’aient à supporter le fardeau des nouveaux arrivants.

Enfin, Euro-Med appelle l’UE à accroître son soutien financier au gouvernement turc et aux organisations internationales qui œuvrent pour assurer la sécurité des réfugiés syriens.