Introduction

À mesure que les besoins humanitaires s’accroissent dans le monde, les Nations Unies et les organisations internationales de secours luttent pour leur survie en raison du manque de financement pour mettre en œuvre des programmes humanitaires et du fait que les donateurs ne respectent pas leurs engagements financiers. Compte tenu de la rareté du financement, les services fournis par ces organisations aux plus vulnérables seront fortement réduits, ce qui exacerbera nécessairement les crises humanitaires dans les zones de catastrophe, de conflit et de guerre partout dans le monde.

Selon des rapports pertinents, plus de 206 millions de personnes dans 81 pays ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, dont environ 29 milliards de dollars ont été versés jusqu’au début de 2019. Cependant, les estimations montrent une augmentation relative du nombre de personnes qui ont besoin d’aide par rapport à la réduction des subventions financières que les pays ont accordées aux institutions de secours onusiennes et non onusiennes.

Les organisations de secours connaissent une situation financière difficile et souffrent de discrimination politique dans certaines régions, en particulier après avoir été appelées par les partis de droite en Europe à réduire les fonds utilisés pour le développement et à les affecter plutôt aux fonds de pension.

Ce bref rapport examine les risques d’assèchement des fonds des organisations internationales de secours par rapport au nombre croissant de demandeurs d’asile et de réfugiés et à l’aggravation des crises humanitaires dans les zones de conflit.

Premièrement : Risques de sous-financement

Le manque continu du financement des pays donateurs augmentera les crises humanitaires dans les pays déchirés par les conflits et conduira à limiter les efforts collectifs de lutte pour les droits de l’homme.

Le manque international de financement a un impact sérieux sur la lutte contre le problème des réfugiés dans le monde et il vient à un moment où le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a mis en garde contre les risques graves résultant de l’incapacité de protéger les réfugiés et les personnes déplacées de force et apatrides.

La Commission a lancé de nombreux appels, demandant à l’UE d’augmenter et de diversifier ses fonds, notamment en octroyant des fonds pour la coopération au développement afin de soutenir les pays hôtes et d’aider les personnes déplacées de force à reconstruire leur vie.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a sonné l’alarme en raison de la réduction des contributions fournies en 2019 qui permettent au programme de fournir une aide urgente pour sauver et aider les personnes vulnérables. En 2019, le programme a reçu environ 419 millions de dollars sous forme de fonds flexibles, ce qui représente 5 % du total des dons qu’il a reçus.

 

Deuxièmement : Augmentation sans précédent du nombre de réfugiés et de personnes déplacées

 

La Commission des Nations Unies pour les réfugiés estime que les réfugiés, qui ont besoin d’être réinstallés en 2020, sont environ 1,4 million, tandis que le nombre de personnes déplacées de force a augmenté de 50% (de 42,7 millions en 2007 à 70,8 millions en 2008).

Mark Lowcock, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les affaires humanitaires, a déclaré qu’environ 168 millions de personnes dans le monde auront besoin d’aide humanitaire et de protection en 2010, ce qui est le chiffre le plus élevé depuis des décennies. Cela démontre un besoin sans précédent d’intervention humanitaire partout dans le monde.

Troisièmement : L’impact de la crise sur les enfants

À la fin de l’année dernière, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICF) a mis en garde contre une pénurie "importante" de fonds humanitaires, qui met en danger la vie de millions d’enfants dans les zones de conflit.

En 2019, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés n’a reçu qu’environ la moitié de son budget de 4 milliards de dollars, qui est nécessaire à l’ensemble de ses opérations pour fournir des services de santé, d’éducation, de nutrition et de protection à 41 millions d’enfants dans 60 pays du monde. 

Des millions d’enfants sont exposés à des risques partout dans le monde, et ils subissent des conséquences désastreuses en raison de cette crise humanitaire compliquée à la suite de la réduction des fonds supplémentaires. Ces fonds sont utilisés pour aider les enfants à aller à l’école, à couvrir la pénurie de vaccins et de nutrition insuffisante et à réduire les violations et les mauvais traitements à leur encontre.  

 

Quatrième : La crise financière de l’UNRWA

 

L’UNRWA appelle les pays donateurs à fournir au moins 1,4 milliard de dollars pour financer ses services de base à 5,6 millions de réfugiés palestiniens inscrits à l’UNRWA en 2020. 

L’UNRWA a noté qu’en 2020, les réfugiés palestiniens en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, dans la bande de Gaza, en Jordanie, au Liban et en Syrie continueront de faire face à des défis majeurs en matière de développement humain et de protection.

L’UNRWA a affirmé que l’occupation israélienne continue de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, le siège imposé sur la bande de Gaza, le conflit en cours en Syrie, la crise politique au Liban et les besoins croissants en Jordanie sont les principaux défis auxquels sont confrontés les réfugiés palestiniens.

L’UNRWA a révélé qu’elle avait besoin de 170 millions de dollars pour financer ses projets urgents, en particulier des projets de relogement et de construction dans le cadre des efforts de réponse aux conflits en Syrie et à Gaza, et des initiatives conçues pour achever et renforcer les programmes de réforme et d’exécution.

L’UNRWA souffre d’une grave crise financière pour des raisons politiques, en particulier après que les États-Unis, qui sont le plus important donateur de l’UNRWA, aient suspendu leurs fonds à l’organisation des Nations Unies depuis le début de 2018.

Recommandations

- Les pays du monde, en particulier les pays donateurs, devraient assumer leurs responsabilités et respecter leurs engagements financiers envers les organismes internationaux de secours, compte tenu du besoin croissant de programmes humanitaires dans le monde.

- Les organismes de secours devraient contrôler les dépenses et concevoir des mécanismes de surveillance plus transparents pour dépenser les budgets.

-Les Nations Unies devraient déployer des efforts plus sérieux pour tendre la main aux donateurs afin qu’ils contribuent à leurs programmes humanitaires, qu’ils adoptent de plus grands mécanismes pour contrôler les dépenses, qu’ils se concentrent sur les priorités et qu’ils sauvent la vie des gens dans les zones de conflit. Cela se fait par une intervention humanitaire intensive pour recueillir des dons, ce qui est la responsabilité de l’ONU et de ses organisations affiliées.

- Il faudrait parvenir à un consensus international afin de concevoir un mécanisme international efficace pour répondre aux besoins de l’organisation internationale de secours en fonction de délais précis et convenus. Attendre davantage pourrait aggraver la situation humanitaire des gens sur le terrain.