L'Observateur Euro-Méditerranéen des Droits de l'Homme a envoyé  une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen et au Président du Conseil européen, Charles Michel, protestant contre les violations flagrantes des droits de l’homme commises par les autorités grecques contre les demandeurs d’asile aux frontières turques, et appelle l’UE à veiller à ce que son récent financement de 700 millions d’euros en faveur de la Grèce ne provoque pas de nouvelles violations contre les réfugiés et les demandeurs d’asile vulnérables en provenance de Syrie.

La lettre soulignait les récents incidents graves de violence perpétrés par les autorités grecques contre les demandeurs d’asile, y compris la patrouille frontalière grecque qui déchire des civils et des enfants et la garde côtière grecque qui utilise des armes à feu et des poteaux et qui crée de hautes vagues avec des bateaux navals pour empêcher des bateaux de réfugiés inabordables et gonflables d’atteindre la Grèce.

Dans cette lettre, il est indiqué qu’Euro-Med suit de près la situation aux frontières occidentales de la Turquie avec la Grèce, et a souligné que la Grèce est tenue, en vertu du Droit International, de s’abstenir de recourir à une force disproportionnée ou excessive contre les demandeurs d’asile extrêmement vulnérables qui fuient des dangers mortels. La lettre soulignait en outre que la Grèce est essentiellement tenue de maintenir un système clair qui traite les demandes d’asile conformément à ses responsabilités en vertu de la loi sur les réfugiés de l’UE et de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés.

La lettre a également contesté l’évocation par le gouvernement grec de l’article 78 du traité sur le fonctionnement de l’UE (TFUE) pour justifier ses dernières violations, y  compris la suspension de la réception de la demande d’asile, notant que l’article 78 ne peut être invoqué qu’en cas d’urgence par le Conseil de l’UE, sur proposition de la Commission européenne et après consultation du Parlement européen.

"En outre, nous trouvons l’inaction de l’UE face à la récente violation des droits de l’homme par les autorités grecques absolument dangereuse, concernant et représente un chapitre sombre de la politique européenne qui aurait de graves ramifications à l’échelle mondiale si elle ne s’arrêtait pas immédiatement, alors que le monde se tourne vers l’Europe pour prendre l’initiative en matière de droits de l’homme", a souligné Euro-Med dans sa lettre.

Euro-Med a fait part au haut responsable de l’UE de sa profonde préoccupation face à l’engagement récent de la Commission européenne de verser 700 millions d’euros de fonds européens à la Grèce pour renforcer sa défense des frontières, sans condamner le recours à la violence et à l’intimidation contre les réfugiés et les demandeurs d’asile ou sans veiller à ce que ce financement de l’UE ne serve pas à exacerber les violations des droits de l’homme contre les groupes vulnérables.

Euro-Med a demandé une explication urgente de l’UE concernant sa position face aux récents développements en Grèce et les mesures que l’UE prévoit de prendre pour assurer un traitement approprié des demandeurs d’asile et la prévention des violations de leurs droits fondamentaux par ses membres états.

Enfin, Euro-Med a souligné la nécessité cruciale pour l’UE de soutenir et d’intensifier son soutien afin de renforcer la capacité de la Grèce et des autres États aux frontières extérieures de l’UE à aider les réfugiés et les demandeurs d’asile, en plus d’assurer un soutien pour accroître la capacité de la Turquie d’accueillir les réfugiés à la lumière de l’augmentation spectaculaire du nombre de civils syriens déplacés par le conflit à Idlib.

La lettre recommande au Conseil de l’UE et à la Commission de délibérer immédiatement des mesures nécessaires pour redistribuer les réfugiés et les demandeurs d’asile dans les États sur les frontières extérieures de l’UE entre les autres États membres de l’UE afin d'empêcher que des pays accablants comme la Grèce et l'Italie n'assument le fardeau de l'accommodation de flux croissants de demandeurs d'asile.