Genève – Les groupes rebelles Houthis détiennent des prisonniers dans des conditions choquantes, ont déclaré l’Observatoire Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme et l’Association des mères de personnes enlevées au Yémen. Les violations des droits de l’homme sont endémiques et les conditions de vie surpeuplées sont dangereuses à l’époque de la pandémie de COVID-19.

Le rapport, intitulé « Hanish Prison : the Houthi ‘Dungeon », décrit les violations commises contre deux civils yéménites à titre d’exemples. Les deux hommes ont été détenus sans accusation dans la prison de Hanish, puis soumis à des tortures physiques et psychologiques, privés de nourriture et de médicaments, et privés de visites de membres de leur famille, ce qui constitue une grave infraction aux conventions de droit international.   

Quarante-quatre personnes enlevées, toutes détenues dans la prison de Hanish, sont détenues dans des conditions obscures, dont deux enfants, cinq personnes âgées et 13 personnes souffrant de maladies chroniques. Le rapport fournit les noms et les surnoms des responsables de la prison et des enquêteurs houthis. 

Euro-Med et l’Association des mères de personnes enlevées ont obtenu des témoignages d’anciens détenus, qui ont décrit la situation à l’intérieur de la prison et les violations qu’ils ont subies par les militants houthis. Il s’agit notamment de l’interdiction de nourriture, d’eau et de médicaments, ainsi que de la torture physique et psychologique, de la violence sexuelle et d’autres formes de violence.  

Le rapport documente les violations des droits de l’homme dans la prison de Houthi depuis 2014, avec une carte montrant à la fois la disposition des institutions et le déploiement des forces Houthi au Yémen. En outre, les listes énumèrent les dispositions légales auxquelles l’administration Houthi devrait adhérer, y compris l’interdiction de détention arbitraire, la torture, les disparitions forcées et les traitements cruels et inhumains.  

Euro-Med et l’Association des mères de personnes enlevées exigent que les Houthis libèrent toutes les personnes enlevées détenues dans la prison de Hanish et mettent fin à toute nouvelle détention sans inculpation.  

Les deux organisations demandent également au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d’inspecter la prison de Hanish pour documenter les conditions de vie. En outre, elles demandent aux États membres du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies de condamner toutes les violations des droits de l’homme commises par les Houthis dans la prison de Hanish, y compris les enlèvements, les disparitions forcées, la torture et le déni des droits fondamentaux, y compris les soins de santé. 

Le rapport des groupes exhorte la communauté internationale et, en particulier, le Conseil de sécurité de l’ONU à remplir les obligations juridiques et éthiques énoncées dans les conventions de l’ONU en préconisant la fermeture de toutes les prisons Hanish et autres Houthi. 

Le rapport appelle également toutes les parties à faire pression sur les Houthis pour qu’ils adhèrent au droit international et aux conventions qui interdisent les violations des droits de l’homme contre les civils non armés, ainsi qu’à tenir les auteurs responsables, y compris les dirigeants houthis eux-mêmes.