Au milieu de la propagation du nouveau Coronavirus, la Grèce doit immédiatement évacuer les camps de réfugiés surpeuplés et insalubres et fournir un logement adéquat aux demandeurs d’asile, a déclaré aujourd’hui l’Observatoire Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme.

« Nous sommes très préoccupés par le sort de milliers de demandeurs d’asile piégés dans des camps de réfugiés grecs non équipés comme Moria. » a déclaré Muhammad Shehada, directeur régional d’Euro-Med en Europe, « la Grèce est tenue, en vertu du droit international, d’assurer la sécurité et le bien-être de toutes les personnes détenues, en particulier des personnes les plus vulnérables à la pandémie de Corona ».

Mardi dernier, 148 demandeurs d’asile ont été testés positifs pour le COVID-19 dans un hôtel grec géré par l’Organisation internationale des migrations dans la ville méridionale de Kranidi. L’hôtel, mis en quarantaine depuis, accueille plus de 450 demandeurs d’asile.

Quelques semaines plus tôt, 20 demandeurs d’asile testés positifs au COVID-19 dans le camp de réfugiés grec de Ritsona qui accueille environ 2700 demandeurs d’asile. Cette situation dangereuse ne fait qu’ajouter à un tas de circonstances alarmantes dans lesquelles des dizaines de milliers de demandeurs d’asile continuent d’être piégés en Grèce.

Le camp de Moria, par exemple, abrite environ 19 000 demandeurs d’asile dans un espace désigné pour accueillir 3 000 personnes. En conséquence, les conditions sanitaires et d’hygiène dans le camp se sont fortement détériorées, où dans certaines parties, le savon n’est pas disponible tandis que 1300 demandeurs d’asile se partagent un seul robinet d’eau.

La densité dangereuse et le surpeuplement des demandeurs d’asile dans les camps grecs, combinés au manque d’hygiène et à des conditions sanitaires inadéquates, présentent un risque extrême pour la sécurité et la santé de ces personnes.

Euro-Med souligne que la Grèce est tenue, en vertu du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, d’assurer « la prévention, le traitement et le contrôle des maladies épidémiques, endémiques, professionnelles et autres » parmi toutes les personnes détenues, y compris les réfugiés et les migrants. La Grèce est également responsable de fournir le « niveau de santé physique et mentale le plus élevé possible » à toutes les personnes vivant sous son autorité.

Par conséquent, Euro-Med appelle le gouvernement grec d’évacuer tous les camps de réfugiés – en particulier les camps insulaires dont la densité et les circonstances sont les plus graves – et de libérer tous les demandeurs d’asile en détention, et leur fournir un logement adéquat et un accès aveugle aux soins de santé pendant la pandémie.

Euro-Med appelle également la Commission européenne et tous les États membres de l’UE à intervenir et à venir en aide à la Grèce, à la fois par le biais d’un soutien financier et de la redistribution des demandeurs d’asile entre les pays de l’UE afin d’atténuer la pression sur la Grèce et les autres États de l’UE sur le bassin méditerranéen.